Les archive pour la catégorie : 'Histoire de vie d'un perroquet'

12
mars 2007
Je m’appelle James

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Je m’appelle James. Je vais avoir 10 mois. Si j’ai eu envie d’écrire c’est parce qu’aujourd’hui, ça fait juste cinq mois que je suis dans ma famille humaine. Nous sommes 5 en tout : il y a maman, papa, mon grand frère (il a 21 ans) et sa copine (je l’aime bien cette fille, elle a toujours de grandes boucles d’oreilles, des colliers colorés et un piercing à la lèvre, quel travail pour essayer de lui arracher tout ça !!) et il y a moi !

A ce que j’ai compris, ils avaient un chien avant mais ils l’aimaient tellement que quand il est parti au paradis des animaux ils se sont jurés qu’ils ne le remplaceraient jamais ! Mais c’est triste une maison sans animaux. Alors ils ont cherché quelqu’un qui soit aussi intelligent et affectueux que lui et ils m’ont trouvé ! En fait ils ne connaissaient rien aux oiseaux avant mais maman a lu, lu et encore lu et elle s’est décidée pour un gris du Gabon. Moi, en l’occurrence !

Ils sont venus tous les 4 me chercher chez un éleveur à Cassis, dans le sud de la France. J’étais dans une grande volière avec mes 5 frères et sœurs et ils ont cru m’avoir choisi mais en fait, dès que je les ai vus, alors que je savais à peine voler, je me suis jeté sur le grillage pour m’approcher le plus possible d’eux, j’ai baissé la tête, je me suis fait caresser à travers la grille et ils ont craqué ! Ils voulaient absolument un mâle (allez savoir pourquoi ?) mais même si j’avais été une femelle ils m’auraient pris quand même.

Les premiers jours à la maison ont été un peu difficiles parce qu’ils ne savaient pas vraiment comment s’y prendre avec moi et moi j’étais un peu craintif et dépaysé. Ils se sont relayés sans arrêt à côté de ma cage : j’avais toujours quelqu’un pour me parler ou pour me donner un fruit ou un légume. C’était l’époque des haricots verts, qu’est ce qu’on a bien joué avec, à travers les barreaux de ma cage ! Je les ai vus faire tellement d’efforts que progressivement je les ai laissés me caresser puis me prendre sur leur bras et enfin même dans leurs bras ! Ils étaient tous très heureux !

Ce qui a été très difficile pour eux aussi, c’est de m’apprendre à voler parce qu’alors çà, ils ne savent pas du tout, mais vraiment pas du tout !!! En fait voler, je savais c’est atterrir que je ne savais pas ! Ils avaient beau dire « doucement, James, doucement », j’allais de plus en plus vite et hop, le crash !!! Qu’est ce qu’ils se sont inquiétés ! Ils en arrivaient presque à se disputer parce qu’il y en avait toujours un qui avait trop peur et qui refusait de me laisser sortir de ma cage. Mais maintenant ça y est, depuis mes sept mois, je vole parfaitement. Je suis même doué d’après ce qu’ils disent, je sais faire du sur place comme un hélicoptère. Ils sont fiers de moi !

Maintenant tout va très bien entre nous tous. Mon endroit préféré, c’est la tête de ma maman ! On fait tout ensemble, elle bien droite pour ne pas que je tombe et moi bien installé comme sur un perchoir : on repasse (et là j’essaie de faire plus de bruit que le fer à vapeur lui même), on cuisine, on fait le ménage, on chante (surtout moi), on danse (surtout elle) et on parle, on parle, elle en humain, moi en perroquet mais on se comprend toujours ! J’adore attraper une de ses mèches, me laisser glisser et oups, lui mordre le nez ! Elle, elle aime un peu moins par contre, mais comme en même temps je lui dis « coucou », elle éclate de rire et elle me laisse recommencer !

Le matin, ma maman me fait des supers salades de fruits et légumes ! Hier, j’ai mangé la première fraise de ma vie, je n’ai pas compris pourquoi elle a fait un vœu ! Parfois elle m’apporte des fruits inconnus, des kiwis, des litchees, des framboises….Mais je ne suis pas un oiseau facile moi, je refuse absolument de manger ce que je ne connais pas ! Alors elle, qui d’habitude ne supporte pas le désordre, elle laisse traîner le nouveau fruit sur la table de la cuisine ou à côté de l’évier ! Au bout d’un moment quand elle a le dos tourné, je m’approche doucement, je joue un peu avec le petit nouveau et après, up, je le mange ! Quand elle revient elle dit « oh, mais où est passé mon litchee, il a disparu !!! Ca alors, tu ne l’as pas vu par hasard James ? » Elle est un peu bête parfois ! Heureusement que le lendemain elle a tout oublié et qu’elle me met le nouveau fruit dans ma salade !

Sa dernière lubie à ma maman, c’est de me mettre un harnais ! Elle rêve de m’emmener promener avec elle dans le jardin. Mais je ne me laisse pas faire, croyez moi ! Elle a beau se promener toute la journée avec la laisse du harnais autour du cou pour « soi-disant » que je m’habitue et que je veuille l’imiter, elle me connaît mal ! Elle dit qu’elle est têtue, qu’elle y arrivera mais franchement, c’est pas gagné !

Au fait, vous savez pourquoi je m’appelle James ? C’est parce qu’avant qu’ils m’adoptent ils avaient projeté de me faire dire « mon nom est Bond, James Bond » ! N’importe quoi !!! C’est comme avec les enfants, avant qu’ils naissent on a plein de certitudes et de grandes intentions et quand ils sont là, on s’adapte ! Maintenant ils s’en foutent : que je parle ou que je ne parle jamais les indiffère complètement parce qu’ils me comprennent très bien comme ça ! Un petit coucou de temps en temps et ils sont enchantés ! Ils ne sont pas durs à contenter mes humains quand même ! C’est comme pour les ailes, ils étaient sûrs qu’un jour ou l’autre ils allaient me faire tailler les plumes pour que je ne vole plus. Et bien maintenant, il n’en est plus du tout question, ils aiment trop me voir voler pour les rejoindre d’une pièce à l’autre. Par contre toute la journée on entend « attention à la porte, attention à la fenêtre » !!! Je crois que si un jour je parle, la première chose que je dirai c’est « attention à la porte, attention à la fenêtre » !

Même si je sais que ce n’est pas important, de temps en temps j’essaie de dire quelques mots quand même ! L’autre jour, je jouais sur le dossier du canapé à courir pour faire des câlins à ma maman et à un moment j’ai crié « mon amour, mon amour », exactement sur le même ton qu’elle quand elle me fait des tonnes de bisous ! J’ai aussi dit « coucou maman » un jour qu’elle rentrait du travail mais depuis je me suis bien gardé de recommencer parce que j’ai vu que presque, ça la faisait pleurer ! Je m’exerce en fait, on verra plus tard, j’ai tant d’autres choses à apprendre !

J’aime tout le monde dans ma maison parce qu’ils s’occupent tous de moi : mon grand frère m’emmène sur son épaule jouer dans sa chambre au poker sur Internet (je pense que je dois être sa mascotte !), sa copine me fait toujours partager son petit déjeuner et mon papa est allé chercher un vrai arbre pour moi dans la forêt, il l’a bien nettoyé, et depuis, j’ai mon arbre perso dans le salon !

Voilà, vous avez un petit aperçu de ma vie dans ma famille. Ils ont l’impression que je suis heureux, je ne sais pas trop ce que ça veut dire mais comme ils ont l’air contents, je le suis aussi. Et comme ils le disent souvent, depuis que je suis arrivé, c’est le soleil qui est entré dans la maison !

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17
février 2007
Cossi, la belle Cossi n’est plus….

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

cossi_06_01_01_500wb.jpgAujourd’hui, j’ai envie de vous raconter une histoire triste…

Il y a une semaine, Cossi, une femelle Ara Ararauna de 5 ans n’était pas “bien dans ses plumes”. Un perroquet malade, cela se voit, même si souvent le perroquet cache sa maladie pour ne pas montrer qu’il est vulnérable.

 Cossi, donc,  n’était pas très en forme. Elle ne s’amusait plus, avait un peu les plumes ébouriffées sur la tête, et était trop calme à mon goût.

Le lundi, j’appelais le vétérinaire, et ensemble nous décidions d’attendre un jour ou deux avant de sortir la grande batterie des antibiotiques : Cossi mangeait, buvait, et donc on allait surveiller de près son état de santé.

Cossi est mise dans un endroit chaud, avec une lampe chauffante et radiateur, reçoit ce qu’il faut pour renforcer ses défenses immunitaires, et de la nourriture plus énergétique, donnée plusieurs fois par jour.

Le mercredi pas d’amélioration, donc examen médical, et envoi des prélèvements au labo pour établir un antibiogramme, et administration d’un antibiotique systémique. Cossi a beaucoup maigri.

Le lendemain pas vraiment d’amélioration, mais le surlendemain, elle semble aller mieux, parle, joue même avec ses jouets, mais n’a pas envie de faire la folle avec son copain Jules.

Mais, le jour suivant, le matin au lever, Cossi a su mal à tenir sur son perchoir : immédiatement coup de fil au vétérinaire, et je prends Cossi dans mes bras, je la mets contre moi, je la couvre d’une serviette chaude, et des deux pans de mon anorak et je file chez le vétérinaire.

Moins d’une demi-heure de route, mais je vois bien les yeux tristes de Cossi qui se tient à moi en mettant la pointe de son bec dans l’encolure de mon pull. Je lui parle, elle m’écoute, c’est certain.

Arrivées dans la salle d’attente j’ai le pressentiment que je sortirai du cabinet médical sans Cossi. Le blanc de sa peau autour des yeux et du bec devient gris/vert, et se plisse de plus en plus.

Quand le médecin la voit entrer, il dit : Oh là là…

Oui, elle n’est plus la vaillante Cossi qui avait crié de peur lors de la précédente visite. Je dépose Cossi sur la table d’examen : ce n’est plus qu’une pauvre poupée de chiffon sans réaction, mais l’oeil est toujours ouvert.. Piqûres.. Vitamines, antibiotique et surtout perfusion pour la réhydrater…

Il y a peu de chances de la sauver dit le vétérinaire …

Je le savais, mais je pleure. Nous décidons de tenter tout ce qu’il sera possible de faire, et je vais déposer ma belle Cossi dans la couveuse hôpital pour qu’elle ait très chaud et que le médecin puisse réagir dès qu’il le faut, et donner, les soins qu’il faut, au fur et à mesure de l’évolution de son état.

Cossi a les yeux presque fermés. Je lui dit ” Ciao Cossi” avec l’accent italien car sa première propriétaire était italienne, et Cossi parlait italien. Alors ma toute belle, dans un effort que j’allais dire ” surhumain” lève péniblement sa paupière pour me faire comprendre qu’elle a entendu, mais elle ne peut pas, comme à son habitude, lever sa patte gauche et faire un grand cercle en répondant : Ciaooooo de sa belle voix.

Est-il utile de vous dire que de grosses larmes coulaient alors de mes yeux, et roulaient sur mes joues : je savais que ce “Ciaoo” était un Adieu.

Cossi a très vite perdu conscience, et moins d’une heure plus tard, elle est partie rejoindre ses copains dans le grand Arc en Ciel des Oiseaux disparus.

Perdre un animal est toujours douloureux, et même si certains pensent « ce n’était qu’un animal », je peux vous dire que ma peine était profonde et sincère.

Le contact quotidien avec un perroquet, sa gentillesse, la conscience qu’il a d’une relation amicale et profonde avec les humains qui partagent sa vie sont des liens profonds.

Je pensais aussi à Jules, son mâle, son compagnon de jeux et de bêtises.

Jules, je l’ai eu tout petit, et il était tellement tendre et attaché à moi qu’il aurait pu devenir comme « mon bébé ».

Mais je ne l’ai pas voulu ainsi, j’ai voulu qu’il ait une vie d’oiseau avec un autre oiseau, et c’est pourquoi j’avais adopté Cossi, il y a 15 mois.

Très vite ils sont devenus copains, puis inséparables, puis presque amoureux…

Combien de fois, en les regardant jouer, je me disais : quelle chance qu’ils puissent être deux, quel bonheur de les voir ainsi heureux.

Jules est maintenant seul, très seul : pendant deux jours il n’a pas parlé, pas chanté et est resté trop sage.

Puis il s’est rapproché de moi, comme avant.. Avant Cossi.

Lui qui n’était plus « mon bébé », lui qui ne voulait plus faire de gros câlins avec moi, mais les réservait à sa copine Cossi, lui, triste, s’est rapproché de moi et est redevenu plus tendre.

Vous pensez peut-être que j’en suis heureuse : NON !

Je ne suis pas un perroquet, et Jules n’est pas un humain.

Dès que ce sera possible, dès que j’aurai tous les résultats de l’autopsie, dès que Jules aura passé une visite médicale complète et que j’aurai la certitude que tout va bien, je me mettrai à la recherche d’une femelle ara ararauna pour l’ami Jules.

J’avais le projet de faire une grande volière extérieure pour Jules et Cossi, pour qu’ils puissent voler comme de vrais perroquets… Je ferai cette volière, pour Jules et pour sa future copine, si copine il y a.

Voilà l’histoire pas très gaie que je voulais vous raconter ce matin, une semaine après le grand départ de la belle Cossi.

Note ajoutée le 18 février 2007 :

Des langues bien pensantes se croient obligées, dans certains forums “perroquets” de caqueter sur les causes de la mort de Cossi, et sur l’incompétence problable des personnes qui s’en sont occupée.
Je ne tiens pas à tenir ici une ” chronique vétérinaire”, mais je sais, après autopsie, que rien, ni personne hélas, n’aurait pu sauver Cossi.

Il est facile de parler quand on ne sait rien, il est dommage d’assener des contre-vérités, et il est parfois dangereux de croire ce qui est dit très fort, mais sans aucun fondement.

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11
décembre 2006
Notre histoire

Paru dans Les inclassables & Histoire de vie d'un perroquet |

Bonjour à tous,

Nous sommes un couple de gris du gabon. Je prends la parole, car je sais mieux causer que mon compagnon. Tout le monde ou presque nous connait sur le forum, nous sommes nés en Belgique, chez un éleveur.

Un jour, celui qui prenait soin de nous, pendant plusieurs mois il a remplacé nos parents, nous a dit…

“je ne peux pas garder tout le monde, mes petits, votre vie est ailleurs chez un humain qui va vous adorer, d’ailleurs, j’ai déjà un nom pour vous, toi, la femelle, tu porteras le nom de Cléo et toi, le mâle le nom de Rambo. C”est une grande tristesse de quitter l’éleveur.

Le jour J arrive, et nous voila dans une petite cage en voiture, une grande réception nous attendait dans un chateau pour fêter notre arrivée. Nous avions peur de tous ces humains, mais, nous avions l’insouscience de notre jeunesse.

Beaucoup de paroles ce jour là, un humain nous installe dans une grande cage, Rambo pince le doigt de l’homme, déjà une rivalité, on ne nous prend pas sans faire un minimum connaissance. Plus tard, nous avons compris que l’homme devait devenir notre premier humain.

Le premier jour Rambo a volé droit dans un miroir, il s’en sort sans une bosse, ouf ! C’est très grand, nous avons beaucoup de place, c’est agréabe de sentir la liberté dans nos plumes d’ailes.

Notre vie a été très douce à ce moment là, la vie de chateau en quelque sorte, beaucoup d’espace, de liberté, Rambo prenait du caractère, et moi, je me protégeais derrière ce compagnon de tous les instants. Mais, cela ne devait pas durer, pour une raison médicale, l’humain a dû nous évincer de sa vie.

Nous voila donc repartis vers d’autres cieux, un autre humain, celui là avec beaucoup de cheveux, je me disais que cela devait être bien agréable de m’accrocher dessus, Rambo lui se demandait comment il pourrait encore me protéger.

Cette fois, un loft, avec de magnifiques poutres que l’on pourrait gruger en toute sérénité, nous avons tout de suite compris, sans un mot, Rambo et moi, prit la direction de la plus haute poutre, pour ne plus jamais redescendre. Mais, c’était compter sans la faim, il a bien fallut se diriger sur les gamelles, dans la cage, et, nous avons été enfermés. Mais Rambo est mâlin, et nous sommes ressortis par le trou de la mangeoire.

Encore là, nous avons coulé des jours heureux, en criant, hurlant, pinçant à la moindre occasion, attaquant dès que l’on pouvait l’humaine avec un gros ventre, nous étions bien… Nous étions LES MAITRES du loft, nous avions une impression de puissance dans les hauteurs, plus rien ne pouvait nous atteindre, l’humain ne nous maitrisait pas, plus la femme s’énervait, et plus on prenait un malin plaisir à crier. Puis un jour, un couple d’humain est venu nous rendre visite, nous nous sommes approchés curieux, ils parlaient entre eux, nous avons compris encore une fois, nous allons changer de maison, tous les six mois, nous avons le droit à de nouveaux humains, Rambo et moi étions complètement dépités, qu’avions nous fait pour mériter cela ? le fait de crier avait déranger les voisins, et comme nous étions un peu rebelles, personne ne nous voulait dans cette famille.

Le lendemain, dans notre cage de transport, nous sommes arrivés, très tristes et perdus, dans cette famille, elle avait l’air gentille cette humaine, mais nous ne voulons pas trop faire connaissance. Le point positif, elle nous fait la promesse de ne jamais nous laisser tomber, mais, nous ne croyons plus le genre humain. Il prend, il jette, sans scrupule. Et nous, pauvre de nous. Rambo et moi avons décidé de rester coller l’un contre l’autre, de dormir sans bouger, ne plus se reveiller, ne plus espérer, nous étions enfermés, ce n’est pas possible d’enfermer des gris autant de temps dans une cage… une éternité, 4 jours entiers sans sortir. Rambo se jetait sur les barreaux en signe de rebellion, et moi, je restais souder à mon perchoir sans rien dire. Dans cette maison, nous n’étions pas seuls, il y avait déjà un gris qui semblait être très copain avec l’humaine, et aussi un petit nain vert un youyou, qui a du mal à quitter l’épaule de l’humain.
Elle faisait le pitre devant nous en nous priant de chanter, la vie était belle, tu parles, je te rappelle que tu nous a enfermé… Un jour elle ouvre la porte, mais me laisse sortir seule, que voulez-vous que je fasse, j’étais complètement perdue, Rambo était agressif, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait et pourquoi les humains étaient aussi instables. Elle a enfin compris au bout de 3 jours que nous ne ferons rien sans l’autre, elle nous a libéré tous les deux.

Beaucoup de mois ont été nécessaire pour nous faire admettre ce changement, mais, elle a été tellement tenace et a mit beaucoup de bonne volonté pour nous comprendre et excuser le mauvais comportement de Rambo, que nous avons enfin sympathisé avec cette famille, maintenant, c’est moi qui appelle “hééé pèpère, tu viens, on chante ?” et lorsque je crie trop fort, l’homme dit “chut arrête un peu” et je lui réponds “pourquoi tu dis cela ?” et lui de me répondre “parce que tu fais trop de bruit”… alors, je prends un ton en dessous, nous, les gris on ne se rend pas trop compte lorsque parlons un peu fort pour leurs oreilles, et je dis “alors pèpère on chante ?” et mon plus grand plaisir, c’est de chanter avec lui, on rigole bien avec pèpère, Rambo préfère sa “mèmère” il dit qu’elle comprend son esprit un peu tourmenté, ce matin, il s’est placé sur le dos pour se faire gratouiller, c’est une grande première, elle riait l’humaine, du coup, nous les trois gris, avons aussi éclaté de rire…

Si je vous dis tout cela aujourd’hui, c’est un jour à marquer d’une croix, ces humains, qui au départ devaient simplement nous garder, au bout de 11 mois, nous achètent et je pense que nous allons enfin pouvoir reprendre confiance en la vie, nous faire une petite place dans une famille et y rester définitivement, elle nous l’a promis, et j’ose y croire.

La vie est belle, c’est vrai, aujourd’hui, je chante, je ris, je parle, je fais le clown, oui, nous avons des heures de sortie en alternance avec les autres perroquets de la maison, mais c’est très agréable de venir sur son épaule, de lui pincer gentiment l’oreille pour lui rappeler que je suis là, lorsqu’elle se permet de caresser un autre que moi.

Quant à Rambo, il est heureux de vivre lui aussi, il chante, rit, parle, danse sur mes chansons, rivalise de coquinerie avec Poppies pour se rendre intéressant aux yeux des humains, c’est désormais notre vie et nous sommes bien.

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29
septembre 2006
Mon bébé Hector

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Hector est arrivé chez moi (enfin chez lui) le 15 juin 2006.

J’avais, enfouie dans le coin de la tête, une envie d’adopter un gris et ce depuis très longtemps. Petite, des amis de mes grands-parents possédaient un gris qui me fascinait parce qu’il criait “corbeau” chaque fois que le curé passait sur le trottoir, ça me faisait mourir de rire, et je vous passe le reste de son vocabulaire qui était de la même eau. Il s’appellait Coco et je n’ai jamais su ce qu’il est devenu à la mort de ses maîtres, ça fait 40 ans, j’imagine qu’il est au paradis des Cocos ou plutôt au purgatoire vu ses opinions philosophiques.

Je reviens à mon Hector, c’est le hasard qui a décidé pour nous, j’avais prévu de me rendre dans une animalerie, comme ça juste pour voir, je ne connaissais pas le forum des grisdugabon, je voulais savoir le prix, quelle cage, quelle nourriture etc, enfin le Ba ba.

Et voilà, dans une cage minuscule, sans jouet, au milieu des perruches et des canaris un gris magnifique qui me regarde d’un air curieux, il est vrai que je lui parle, je siffle, je gagatise complètement et là comme on dit mon coeur fait boum.

Je passe un petit coup de fil à mon compagnon “bonjour mon coeur, je peux acheter un perroquet?” …. silence et puis la réponse qui m’arrangeait “fais comme tu veux mais c’est pas moi qui m’en occupe” “d’accord mon amour, promis”

Je me retourne vers la vendeuse et je lui dit j’ai le ok pour le perroquet, ça veut surement dire que j’ai le ok pour le reste et hop j’achète un perroquet, une cage, des jouets, de la nourriture, des friandises, du fond de cage, … je vous passe la facture.  Je reçois un certificat de garantie d’un an sur la parole !!!!!!!!  Ca veut dire que si il ne parle pas dans l’année, on me l’échange !!!!!! Sur le coup je ne comprends même pas ce que ça veut dire.

Le vendeur met le coco dans une petite boîte, il hurle, et puis silence, j’embarque tout mes achats ainsi que le cobaye et la cage et tout le bazard que ma fille a acheté pendant ce temps là.

Nous voilà dans la voiture, tout est calme, sauf moi j’ai le coeur qui bat la chamade, je me dis que je suis folle et que je me suis laissée aller, que j’aurais du prendre le temps de réfléchir mais comme on dit ce qui est fait est fait.

Pendant ce temps là, le petit coco commence à trouver sa petite boîte un peu trop petite et il entreprend de l’agrandir à grands coups de bec et ça va vite….. panique à bord, ma fille pousse des cris, je trouve un torchon dans la voiture et on recouvre la boîte avec, pauvre bête.

Et nous voilà à la maison, bin va falloir monter la cage et là mes talents sont mis à l’épreuve, j’arrive à monter cette cage en moins d’une heure aidée par mes deux filles, parce que pendant ce temps là, il râle le Coco et la boîte devient de plus en plus grande.

Et puis vient le moment de faire rentrer un perroquet dans une cage, heu c’est comment qu’on fait ?

Je mets la boîte dans la cage et Coco ne demande pas son reste, il file vers le perchoir le plus élevé en poussant des hurlements atroces, mon chien se met à aboyer comme une folle …. c’est l’horreur, là je suis convaincue que j’ai fait une belle connerie, et puis soudain le calme et mon beau gris se calme, il ira même manger dans les minutes qui suivent et surtout il accepte la cacahuete que je lui tends, quel bonheur.

Quand mon compagnon est rentré du boulot, on a cherché tous ensemble un joli nom, nous sommes tombé d’accord sur Hector, ce qui m’a permis de dire que si il a un frère on l’appelera Paris, y a que moi qui ai trouvé ça drôle.

Voilà l’arrivée de mon beau bébé Hector et peut-être la fin d’un cauchemar pour un perroquet plus que vraisemblablement d’import.

Catherine et son Hector

 

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21
septembre 2006
Comment Pivoine est entrée dans ma vie

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Il y a environ trois ans, je suis allée rendre visite à un de mes amis qui avait un atelier de tapisserie. Derrière la pièce destinée aux clients, j’ai parcouru un couloir tortueux, au fond, une pièce sombre et dans cette pièce, une grande cage avec un perroquet gris du Gabon. J’ai immédiatement été attiré par cet oiseau qui se tenait assez tristement sur son perchoir. En m’approchant, j’ai vu qu’il m’examinait aussi. Et mon ami m’a présenté… Pivoine. J’ai posé les questions que tout le monde pose en présence d’un perroquet : Est ce qu’il parle ? Ca fait longtemps que tu l’as ? …

Et pour me montrer son perroquet de plus près, il a été chercher un gant et à ouvert la porte de la cage. Puis il l’a pris avec autorité sur sa main gantée malgré que Pivoine essayait de lui échapper en se tenant au fond de son perchoir.

Il m’a expliqué qu’elle ne volait pas, (et oui, c’est une “elle” mais que de temps en temps elle arrivait à ouvrir le loquet de la cage et s’aventurait dans son atelier où elle avait occasionné quelques dégâts : troué des tissus et tentures destinés au clients, raboté le bois de certains sièges, renversé des pots de colle, … Qu’elle est âgée d’environ 12 ou 13 ans. Qu’elle appartenait avant à un monsieur qui est décédé. Et que la veuve de ce monsieur ne pouvait pas s’en occuper et qu’il l’avait récupérée auprès d’un de ses amis, vétérinaire.

J’étais à la fois fascinée par cet oiseau, par son regard perçant, intelligent, et gênée de voir que mon ami ne le respectait pas.

La seconde fois où je me suis rendue à l’atelier, après avoir dit bonjour à mon ami, j’ai foncé dire bonjour à Pivoine.

Il faisait un temps magnifique et sans avoir rien demandé, j’ai pris la cage et l’ai mise dehors. Je suis restée longtemps près d’elle à l’observer. Et j’ai vu qu’elle était heureuse de sortir de cet atelier sombre car elle étirait ses ailes et sifflait.

Je suis allée lui rendre visite plusieurs fois au cours des mois suivants. A chaque fois que le temps le permettait, je lui faisais prendre l’air et je passais surtout le maximum de temps auprès d’elle. Je lui parlais et elle sifflait, elle disait aussi des choses que je ne comprenais pas.

Et puis au début du printemps suivant, mon ami et moi, nous sommes un peu perdus de vue…

C’est en fin d’été que nous nous sommes rencontrés par hasard dans la rue. Lui était sur un trottoir, et moi sur l’autre.

Après les “bonjours”, bisous et “ça va ?”, ma première question a été : “Comment va Pivoine ?” et mon ami me répond, “C’est bizarre que tu me demandes ça, car je vais de ce pas au journal pour passer une annonce parce que je veux la vendre. Je veux partir travailler à l’étranger, et je ne connais personne qui accepte de me la prendre…”

Trop heureuse à l’idée de pouvoir faire plus ample connaissance avec ce volatile qui m’avait tant intriguée, je me suis portée volontaire. Et c’est ainsi qu’à la fin du mois d’août 2004, Pivoine est arrivée chez moi, avec sa cage, et un stock de graines de tournesol et d’extrudés, plus quelques instructions, assez minimales : changer son eau tous les jours et changer la sciure de bois au fond. Lui donner des carottes, des pommes ou des tomates de temps en temps. “Et maintenant, tu te débrouilles…”

Voilà comment Pivoine est entrée dans ma vie.

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