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22
octobre 2007
PILGRIM-INDI

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Bonjour,

Depuis bien longtemps, je voulais partager avec vous cette belle histoire d’amour, entre un import aux grands yeux attendrissants et une passionnée. A l’époque, il m’était impossible d’accéder au site pour faute de ne pas posséder un ordinateur pouvant accueillir Internet. Maintenant, je suis ravie de pouvoir le faire et de partager ma passion.

Cette semaine, mes pensées seront plus fortes pour Pilgrim-Indi ; cela fera deux ans qu’il m’a quitté et je pense encore et toujours beaucoup à lui. Il me manque mon petit plumeau. Donc, pour marquer sa présence, c’est avec joie et avec beaucoup d’amour pour lui que je vous invite à lire son histoire.

Bien à vous. Amitiés.

 Nathalie

PILGRIM-INDI

“Un import aux grands yeux attendrissants”

Le pèlerinage de Pilgrim est enfin terminé. Il a pris fin le dimanche 15 mai 2005, dans une petite fermette, en bordure de mer, où le calme, le bonheur et l’amour règnent.

Je me présente

Je m’appelle Nathalie et je travaille dans un Parc Zoologique. Christelle est une collègue de travail et surtout, une amie. C’est au travail que j’ai appris à connaître Pilgrim. Christelle me racontait ses joies, ses préoccupations, ses attentes et surtout l’avenir de Pilgrim. J’avais l’impression de faire partie de cette aventure. Hé bien, pour vous dire, cette aventure, j’ai eu l’envie de la continuer lorsque j’ai appris par Christelle, que l’Association allait rechercher une personne pour accueillir Pilgrim. Mon seul désir et mon véritable souhait furent, à ce moment là, le bien être de Pilgrim, une merveilleuse famille et une nouvelle maison pour Pilgrim. Je l’ai adopté pour lui donner de l’amour et lui offrir cette nouvelle vie.

Son arrivée

Le téléphone sonne ; il est dix heures du matin. C’est Christelle. Elle m’annonce la venue de Pilgrim pour aujourd’hui. Elle peut l’apporter vers onze heures. J’ai dit « oui » tout de suite et j’ai immédiatement renoncé à mes projets de sortie ce dimanche matin. Tellement désiré et attendu, j’ai crié de joie quand j’ai raccroché le téléphone. Ensuite, j’ai contrôlé la cage et j’ai rempli les mangeoires. Puis, j’ai préparé les jouets pour les placer avec Christelle à son arrivée dans la cage. Impatiente, énervée, je ne tenais plus en place. Pour occuper mes pensées, j’ai entrepris la tonte de la pelouse de mon jardin. Je n’arrête pas de regarder la pendule du clocher de mon village. Le temps passe et toujours pas de Christelle à l’horizon. J’entends la voix de mon fils François, âgé de cinq ans et demi. Il me dit : « Maman, Maman, Christelle est là ». Je me retourne, et là, je la vois, tenant dans ses bras un carton. Ca y est, il est enfin arrivé. Heureuse, je me dirige vers eux et je les accompagne à la maison, dans le salon séjour. C’est l’endroit où j’ai mis la cage de Pilgrim. C’est le lieu où la famille reçoit et passe le plus de temps. Christelle se dirige vers la cage, elle l’ouvre et elle y met le carton ouvert. Pilgrim sort du carton et il entre dans la cage sans aucun problème. Il nous regarde et il prend connaissance de ce qui l’entoure. Intrigué, il tremble un peu. Je le comprends. C’est nouveau pour lui et il lui faudra du temps pour s’adapter à son nouvel environnement. Cette après-midi là, j’ai travaillé dans le jardin. Je ne m’attendais pas, mais pas du tout, à ce qu’il siffle. Pilgrim a sifflé pendant une bonne vingtaine de minutes. J’étais stupéfiée. Je n’en croyais pas mes oreilles. Il sifflait des sons de l’endroit d’où il venait : « la  jungle ». C’était merveilleux à entendre. J’ai sifflé à mon tour et Pilgrim a répondu. J’ai recommencé et il a à nouveau répondu. Ce petit jeux a duré quelques minutes, c’était génial.   

Le baptême 

Mon époux et moi avons décidé de rebaptiser Pilgrim, de lui donner un nouveau prénom. Nous voulions un prénom plus gai à son image actuelle et surtout moi, je voulais remercier Christelle de m’avoir confié Pilgrim. Nous avons choisi «Indi» pour les quelques mois passés chez Christelle où Pilgrim avait eu l’occasion d’échanger son répertoire avec la boite à musique de Christelle, la jolie « Pearl Grey » ; quant à Pearl Grey, elle avait essayé de lui apprendre le générique d’Indiana Jones mais sans succès, et pour les années qu’il a vécues dans son milieu naturel « La Jungle » ; d’où le prénom « Indi », diminutif d’ « Indiana Jones ». 

L’approche

Indi tremble encore un peu. Il se méfie toujours de l’homme. Il hésite et en même temps, il essaie d’approcher et de dialoguer un peu plus tous les jours. Chaque matin, je prends mon petit déjeuner auprès de lui accompagnée de Memphis mon chien car celui-ci est un peu jaloux étant donné que je partage mon temps entre lui et Indi maintenant. Indi apprécie et communique à ce moment là. Il me regarde, siffle et parfois il danse. Même Memphis participe. C’est hilarant et féerique en même temps. Je suis comblée. Tous les soirs, à mon retour de travail, je lui propose une cacahuète. Pour rapprocher Indi et l’inviter à prendre cette cacahuète à ma main, je la perce à l’aide d’un grand pique à brochette en bois. Toutes les semaines, je diminue le pique à brochette de façon à amener Indi peu à peu à ma main. Cet apprentissage m’a permis par la même occasion de le caresser et de jouer avec lui à l’aide de cette cacahuète en brochet. C’est astucieux et satisfaisant. Indi a pris sa première cacahuète à la main le 1er juin 2005. Je peux vous dire que j’étais heureuse et fière de mon petit Indi. Je lui ai proposé la cacahuète à la main plusieurs jours. Ensuite j’ai décortiqué la cacahuète et je le lui ai proposé. Indi ne l’a pas prise tout de suite, mais il venait. Quelques jours ont passé avant que Indi la prenne. La première fois, il a touché mon doigt en la prenant ; il a saisi et il l’a fait tomber. Je lui ai proposé une autre cacahuète mais il l’a refusée. C’est seulement le lendemain qu’il a accepté de la reprendre. Cette fois, il a fait en sorte de ne pas toucher mes doigts. Pour vous dire qu’il savait ce qu’il faisait. Je l’ai félicité. Ces félicitations lui ont tellement fait plaisir qu’il s’est mis à siffler. J’étais comblée. En lui offrant la cacahuète décortiquée chaque jour, j’ai pu toucher son bec. Indi se laissait enfin caresser. Quel bonheur ! 

Le grand air 

C’est au mois de juin, par une très belle journée chaude et ensoleillée que j’ai sorti pour la première fois Indi dans le jardin. J’ai glissé tout doucement la cage jusque l’extérieur. Je le rassurais en lui expliquant les découvertes et les joies qu’il allait connaître une fois dehors. Arrivé à l’extérieur, Indi a regardé partout, ensuite il a fait plusieurs fois le va et vient sur son perchoir et à plusieurs reprises, il est monté jusqu’en haut de la cage. Je vous avouerais qu’il était super content et excité en même temps. J’ai recouvert une partie de la cage avec une serviette pour lui proposer un petit coin d’ombre. Un peu plus tard dans la journée, j’ai mis au fond de la cage un grand récipient d’eau pour qu’il puisse s’y baigner. Indi ne s’est pas baigné. Alors, j’ai eu une autre idée de baignade ; j’ai pris le tuyau d’arrosage que j’ai branché sur l’eau douce et je l’ai douché au jet de pluie (petit jet). Il a adoré. Il ouvrait ses ailes une à une et je peux vous assurer qu’il a vraiment apprécié. Les larmes ont coulé de joie. 

La liberté 

En congés au mois de juillet, je pouvais accorder beaucoup plus de temps à Indi ; alors un matin, après le petit déjeuner toujours super animé par mes deux compagnons, j’ai décidé d’ouvrir le balcon de la cage. J’ai mis Memphis dans l’autre pièce et j’ai refermé la porte pour éviter tous problèmes. Je me suis dirigée vers Indi et je lui ai fait un exposé de mes intentions. Je l’informe toujours avant d’entreprendre quoi que ce soit, ça le rassure et une confiance s’installe entre nous. J’ai ouvert le balcon. Il a regardé en haut mais il n’est pas sorti. Sa sortie a eu lieu le surlendemain. Il est monté sur le perchoir et il s’est mis à battre des ailes. La vitesse de ses battements d’ailes et la sensation de son décollement du perchoir m’ont donné l’impression qu’il allait réellement s’envoler. C’était fantastique. Indi avait pris goût à la liberté et il se faisait comprendre chaque jour. Il regardait le haut de sa cage, grimpait jusque là et secouait le balcon pour que je lui ouvre. Il adorait être sur son balcon. Il était libre, libre comme l’air. Le soir venu, il savait qu’une fois à l’intérieur de sa cage, je refermais le balcon. Un soir, il n’a pas voulu entrer. Je me suis nichée dans mon canapé dans l’espoir qu’il allait descendre. Indi est descendu et vite remonté dès que j’ai posé le pied à terre. Je n’ai même pas eu le temps de poser le deuxième pied au sol. Ce petit jeu a duré plus d’une heure. J’ai réussi à refermer le balcon, seulement au moment où Indi est descendu à son perchoir plus bas dans la cage où sont disposés les mangeoires à boisson et nourriture. Le lendemain soir, Indi n’est pas descendu de son balcon, sachant qu’hier, je l’avais rusé. Je me suis approchée de sa cage, je l’ai réconforté et j’ai parlé d’une nouvelle étape pour nous, de laisser son balcon ouvert. Je lui ai expliqué qu’une seule bêtise faite, je refermerais le balcon chaque fois que je m’absenterais. Indi n’a jamais commis de sottises. 

La complicité

Indi aimait écouter la musique, surtout celle de mon fils François (Crazy Frog, O-Zone et Ilona). O-Zone était la chanson préférée de Indi. On dansait et on sifflait à tue tête. Je peux vous assurer qu’une super ambiance se répandait dans toute la maison. On entendait Indi jusqu’au bout du jardin, même mes voisins aimaient l’écouter et je peux vous dire que les « MA-I-A HI, MA-I-A HU, MA-I-A HO, MA-I-A HA HA… » faisaient partie de son répertoire. Il était génial. Son répertoire a évolué. Indi a prononcé son premier mot. Ce mot m’a vraiment touché et j’ai ressenti un pincement à mon cœur. Indi m’a appelée, il m’a appelée mais, pas comme d’habitude, il a dit d’un son très clair : « Maman, Maman… ». Je suis restée figer dans la salle de bains. Quelques secondes ont passé avant que je puisse bouger et me diriger vers lui. Ce mot « Maman », je l’emploie pour mon fils et mon fils m’appelle par ce mot, pour Memphis et pour Indi à chaque fait et à chaque geste. C’est ma façon de dire et de montrer que je les aime et que je m’occupe d’eux. 

Sa maladie

Le 25 octobre 2005 vers 6h30, j’ai entendu Vincent, mon époux demandant à Indi de retourner dans sa cage. Indi ne voulait pas. Je suis descendue voir. Indi était sous sa cage. Je l’ai appelé une première fois, puis une deuxième fois mais il ne bougeait pas. Alors nous avons déplacé sa cage et Indi s’est réfugié près de la porte de la cuisine. Je me suis approché de lui et là, je lui ai demandé d’aller dans sa cage. Il n’a pas voulu. Je me suis approchée de lui un peu plus près, je l’ai caressé un long moment et je lui ai reformulé ma demande. Indi est parti dans le salon-séjour sous la table de la salle à manger cette fois. Je lui ai proposé une cacahuète, il l’a prise et il l’a aussitôt jetée à terre. C’est là que j’ai vu qu’Indi n’allait pas bien. Il était moins vif et il recherchait les caresses. Indi a régurgité une première fois, deux à trois graines, puis une seconde fois. Je me suis aperçue qu’Indi avait déjà régurgité cette nuit près du séchoir à linge. Il y avait des graines sur les vêtements. Indi avait passé une partie de la nuit sur celui-ci. J’ai vite pris conscience qu’Indi était malade. J’ai aussitôt téléphoné à Jean-Marc, le Directeur Vétérinaire du Parc Zoologique où je travaille. Je lui ai expliqué la situation et je lui ai demandé de me communiquer le nom d’un vétérinaire aviaire. Jean-Marc m’a conseillé de consulter au plus vite et d’appeler Christelle pour m’indiquer l’itinéraire. Après avoir raccroché le combiné, j’ai immédiatement téléphoné à Christelle, il était 7h30 à peu près du matin. J’étais en larmes. J’avais compris au son de la voix de Jean-Marc et à ses paroles que la situation était grave. Quinze minutes plus tard, Christelle était chez moi. Nous sommes arrivées chez le seul vétérinaire aviaire de notre région au environ de 9h15. Après l’examen médical d’Indi, le vétérinaire nous a annoncées  la suspicion d’une aspergillose. J’ai eu beaucoup de mal à avaler ma salive et à retenir mes larmes. Indi a été hospitalisé. J’ai téléphoné plusieurs fois ce jour là à la clinique vétérinaire. J’avais besoin de savoir et d’être rassuré. Indi avait été gavé plusieurs fois dans la journée et il était préférable qu’Indi reste à l’hôpital. Le lendemain matin, j’ai téléphoné à la première heure. Indi allait un peu mieux. Il ne régurgitait plus. Les médicaments commençaient à faire effet. C’est en fin d’après-midi que je suis allée rechercher Indi. 

Son envol

J’y ai cru jusqu’au soir où il était de retour, même après avoir pris ses médicaments. Je pense encore et toujours à son regard et à la joie manifestée quand je suis venue le rechercher. Il était 22h, j’étais allongé dans mon fauteuil lorsque j’ai entendu cogné dans la cage. Indi était tombé de son perchoir, il avait la tête en bas et il n’avait plus la force de se redresser. Je l’ai aidé mais il est retombé une seconde fois. Alors, je l’ai pris dans mes bras, il avait froid. Emmitouflés dans une couverture, je l’ai calé contre moi dans le fauteuil. Indi me regardait avec ses grands yeux attendrissants. Dans ses grands yeux, je pouvais lire : Amour, Remerciements… et comprendre ce qu’il allait se passer. Il était à peu près 22h10 quand Indi s’en est allé. Je l’ai bercé comme une maman berce son enfant, je l’ai caressé en signe de témoignage d’affection et je l’ai embrassé une dernière fois pour lui dire au revoir et là, je l’ai laissé s’envoler. Cet envol où tous les perroquets se réunissent pour savourer cette nouvelle liberté et apprécier cette vie sereine qui les attend. Chaque jour, le vent souffle et emporte la pensée de leurs humains qui leur parvient comme un battement d’ailes et les caresse tendrement, les enveloppe d’un souffle d’air d’amour et de sincères remerciements. 

La continuité

Indi m’a ouvert ses ailes ; moi, c’est mon cœur qui a parlé. Indi a bien voulu partager sa vie animale avec celle d’un être humain. Cette vie partagée fut pleine d’émotions et d’amour qui malheureusement n’a duré qu’un court moment. Ce court moment a apporté le bonheur et la joie de vivre en harmonie. Cette vie harmonieuse fut très instructive et fructueuse. Cette leçon a révélé que l’inconnu et la passion peuvent s’unir et réveiller la braise endormie. Une fois réveillée, cette braise jaillie en une immense flamme qui éclaire cette source obscure. L’obscurité existe mais nous pouvons la changer, la rendre merveilleuse : aider nos amis les Perroquets, les aimer et surtout sauvegarder leur vie. Cette rencontre émotive et affective a renforcé cette passion. J’ai adopté Jade, une Amazone qui recherchait une famille adoptive. La continuité perdure et cela grâce à mon petit Indi. 

Mes remerciements

Tout d’abord, je souhaite remercier Suzy, notre Présidente, de m’avoir confié Indi, ce fut un immense honneur. Je tiens à remercier Christelle de m’avoir permise de vivre une belle histoire d’amour avec un gris aux grands yeux attendrissants. Je remercie tous les membres de l’Association pour leurs témoignages d’affection et leur soutien sur le forum du Club du Gris du Gabon. Je remercie Anthony, compositeur, musicien et collègue de travail, pour son soutien et cette magnifique chanson rendant hommage à Indi. Merci à vous tous et merci à Indi pour ces échanges fructueux entre un import et une passionnée. Cette aventure fut courte mais enrichissante et surtout inoubliable. Un dernier mot pour Indi : « Je t’aime très fort ».

Nathalie

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21
juillet 2007
L’arrivée de Charlotte

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Charlotte aime les fleursCharlotte aime les fleursL’arrivée de Charlotte…

- C’est decide, c’est promis… Plus jamais je n’adopterai un nouveau perroquet : j’ai bien assez de Craquotte, Beau-Titi, Jules, Pitchoune, Princesse, Chico, Yaho, Ti-Coco, les Ducorps, le couple de Gris, les Youyous… ça suffit : plus jamais…
Et pour parfaire ce vœu pieux, je prends enfin la décision de me séparer d’une bonne soixantaine d’oiseaux nés dans mes volières… Voilà trois ans que je le dis, et aujourd’hui, je le fais.

La mort dans l’âme je prépare les oiseaux que je dois confier à Philip . patron d’une oisellerie, que je connais bien : ses clients sont pratiquement tous des éleveurs et je sais que mes oiseaux seront bien traités.
Céder des oiseaux est pour moi un déchirement, et l’attente près du comptoir, pendant que le Philip inspecte chaque oiseau un par un, le temps me semble long.
Heureusement, un éleveur vient d’apporter deux jeunes Gris du Gabon de 100 jours, et un jeune ara, sevré, mais encore très jeune.

Ces trois perroquets sont superbes, ne sont pas en cage, mais sur les cages, et ils ne sont pas effrayés pour deux sous : le ara ararauna vient sur mon bras, se laisse gratouiller avec un bonheur non dissimulé… Je me fais violence moi qui vient de construire une grande volière extérieur, l’endroit idéal pour un ara ararauna : plus de perroquet me dit la petite voix de la sagesse qui a bien du mal à se faire entendre.

Je repose l’ara sur son perchoir, et il m’oublie aussitôt pour aller se faire gratouiller par d’autres mains : Ouf …
Un des deux jeunes Gris, un mâle me dit Philip, accepter aussi quelques gratouilles de ma part, mais sans conviction : je ne suis pas son genre : Ouf

Reste l’autre Gris, une femelle précise Philip. Elle passe de mains en mains, mais son regard ne me quitte pas, et quand je m’approche pour la gratouiller sur le dessus de la tête, elle monte sur ma main, escalade mon bras et se blotti dans mon cou, confortablement installée sur mon épaule… Danger….
Je continue de gratouiller la nuque de la Grisounette qui penche sa tête pour être certaine de bien profiter de ces caresses.
Le temps passe, et vient le moment où je dois repartir, avec mes cages vides… Dur, dur…

Philip me dit : « prenez là, regardez elle veut rester sur vous » !

Pas question ! Pus de perroquet…

Je demande à Philip de prendre la Grisounette qui s’accroche dans le tissu de mon chemiser : elle ne veut pas partir…
Prenez-là dit Philip ! Non, plus de nouveau perroquet…

Philip arrive à décrocher le petit perroquet qui pousse un cri, qui bien sur m’arrache le cœur.
Plus de nouveau perroquet : je tiens bon, et c’est la mort dans l’âme que je me sauve de ce magasin, sans même un regard vers ces trois perroquets. Je rentre chez moi, le cœur en bandoulière.

A partir de ce moment là, mon esprit ( et mon cœur aussi ) est habité par cette petite Grisounette, et je l’imagine pauvre, isolée, sans personne, toute la nuit dans cette boutique : je me réveille plusieurs fois dans la nuit.

Le matin, je raconte tout cela à l’homme de ma vie, qui me dit : « Tu aurais du la prendre » !
Non, Homme de ma vie, j’ai dit : Plus de nouveau perroquet, de plus, dans deux heures, je prends la route pour un long voyage avec mes petits enfants dans la voiture : pas question que j’adopte un nouveau perroquet maintenant !

Je me remets à la préparation des valises… Quand l’Homme de ma vie, arrive pour me dire :

- A quelle heure comptes-tu partir ?
- Dans deux heures environ, pourquoi ?
- Parce que Philip sera là dans une heure avec ton perroquet chéri

Je dois reconnaître que je proteste pour la forme… Mais mon cœur s’emballe…

Et hop, je prépare la cage de transport, des graines, de la pâtée.. au cas où, des croquettes, un ou de jouets… je suis dingue !!!
Et voilà que le perroquet arrive dans une boîte en carton que j’ouvre immédiatement : La petite, pas effrayée du tout se dresse sur ses deux pattes, tend le cou pour mieux voir où elle arrive, et se pose sur la main que je lui tends.
Immédiatement, des cris résonnent dans la cuisine : je me retourne.

C’est Craquotte qui manifeste son mécontentement ! Elle gonfle ses plumes, fait mine d’attaquer et grogne comme un chien enragé : plus de nouveau perroquet à la maison !! Tu avais promis !!

Pauvre Craquotte, elle est arrivée la première dans cette maison, elle était le seul perroquet, et heureuse de l’être. Elle a accepté Beau-Titi, puis Jules, puis Cossi, puis, puis, puis…

Craquotte est furieuse, vraiment furieuse !

Comme la petite nouvelle doit entrer en quarantaine et assumer sa première visite chez le vétérinaire, Craquotte reste seule dans la cuisine, pendant que je charge Grisounette dans la voiture.

Je reviens près de Craquotte pour lui dire combien je l’aime, mais je n’ai pas vraiment l’impression qu’à ce moment là notre amour soit partagé : Craquotte boude.

Le premier voyage

Voilà notre petite Grisounette bien installée dans une cage de transport, elle ne panique pas du tout : curieuse, elle regarde autour d’elle. Philip m’avait livré, avec la « perroquette » de la bouillie d’élevage. Je suis surprise qu’à 3 mois ce perroquet ait encore besoin d’être nourri à la seringue, mais cela sera plus facile pour ce long voyage de près de 7 heures. Elle se nourrira tout en s’hydratant!

Munie de ma seringue, de la boîte de pâtée d’élevage en poudre, je fais des haltes au « Coin Bébé » des stations d’essence sur l’autoroute, je demande un chauffe biberon, et je fais manger « mon bébé »… souvent sous l’œil amusé ou inquiet des voyageurs.
La Grise ne se laisse pas mourir de faim et englouti le contenu des seringues à la vitesse du son !

Arrivés à destination, la Miss a droit à une grande cage ( il y a des cages à perroquets partout où je réside) et je dépose également une boîte à chaussures avec un linge propre au cas où la petite veuille dormir dans un semblant de nid.
La petite est fatiguée, et elle s’endort très vite sur son perchoir.

Le lendemain, après une longue nuit de repos, la Miss a encore droit à une seringue de bouillie, mais je laisse à sa disposition des croquettes imbibées de jus d’orange, un bon mélange de graines et de l’eau fraîche.

Le but est de savoir si elle mange seule… Oui, elle grignote ! Donc le sevrage est en cours.

Dès le troisième jour, la petite n’avait plus qu’une seringue le soir, et le quatrième plus du tout : elle mange seule, très bien et de tout… sauf peut-être des croquettes. Elle déguste les fruits, grignote une croûte de pain, mais ne se sert pas encore de ses pattes pour manger

Jour 5… la petiote mange seule, a compris que ses pattes et son bec pouvaient se coordonner pour mieux manger, et elle ne se prive pas de cette découverte.
Mais la petite n’a toujours pas de nom ! Elle est passée par « Cocotte », « Poulette », « Minette », « Pioupioutte »et… tout à coup : « Charlotte »…

Pourquoi « Charlotte » ? je ne le sais pas…

Voilà donc comment Charlotte est arrivée à la maison.

Elle est chez nous, chez elle depuis une semaine et c’est inouï ce qu’elle évolue vite.

- Elle ne savait pas voler : elle vole comme un avion, prend de beau virage, sait contourner les obstacles, et a bien compris que ses deux ailes lui donnaient une grande liberté
- Elle était silencieuse : elle commence à bavarder dans un langage qui évolue entre le langage perroquet et les sons du langage des humains.
- Elle mangeait de la bouillie, elle mange des graines, des croquettes, des fruits et adore les graines germées.

C’est mon premier Bébé Gris : tous mes autres Gris sont des handicapés de la vie, tous ont souffert dans leur vie avant d’arriver chez moi. Elle c’est différent, elle est bien dans ses plumes, bien dans sa tête je crois, et bien dans sa vie. Elle est confiante même si elle est indépendante ; elle est calme et sereine même si elle peut être active ; elle adore les gratouilles, mais sait faire comprendre quand elle veut être tranquille.

Elle a tout à apprendre de la vie, et elle a sans doute beaucoup à m’apprendre aussi.

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20
juin 2007
Jules, l’ara ararauna a une nouvelle copine

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Bonjour !

La bonne nouvelle : Jules a une nouvelle copine ara ararauna!

Pour les habitués de ce forum, vous savez qu’au début du printemps, la copine de Jules a succombé à une maladie, et le pauvre Jules s’est retrouvé seul pendant quelques mois.

Depuis dimanche, la copine tant attendu est arrivée : Pitchoune

Pitchoune est une jeune femelle ara ararauna de 10 mois, qui est née dans un parc animalier, qui a été élevée par ses parents, mais qui souffre d’ un handicap : Pitchoune n’a pas de doigts à la patte gauche, et seulement un doigt complet à la patte droite et un demi “pouce”.

D’où vient ce handicap ? Nul ne le sait… Un accident dans le nid, des morsures de la part des parents, une anomalie génétique… mystère

Mais Pitchoune est en pleine forme

Arrivée à la maison dimanche, mais attendue depuis plusieurs semaines, Pitchoune a d’abord été mise dans une cage seule, cage aménagée pour son handicap.

Une planche pour poser les écuelles, un petit escalier pour monter du sol sur la planche, et des perchoirs en bois assez bas pour faciliter la mobilité de Pitchoune

Seul, oubilé en haut de la cage, un perchoir manucure….

Eh bien, Pitchoune a de suite repéré ce perchoir, y passe la moitié de son temps !

Elle vit la vie normale d’un perroquet : mange, boit, grimpe aux parois de sa cage, se perche, fait sa toilette !

Elle se sert parfaitement de sa patte avec deux doigts et de son bec pour grimper, et pose son “avant-bras” sans doigts sur les perchoirs, sur le sol ou les barreaux de sa cage pour se déplacer et y prendre appui.

Je l’ai même vue, cette patte infirme posée sur le perchoir, se gratter la tête avec sa patte valide.

Quelel adaptation

C’est un perroquet élevé par les parents, donc pas socialbilisée, mais après quelques cris normaux : j’ai peur, elle apprend vite la vie avec nous, attend ses petites gâteries, et commence à jouet avec des jouets que nous lui apportons

Dans quelques temps, elle sera présentée à Jules….

Important : Avant l’arrivée de Pitchoune, Jules a passé une visite vétérinaire complète pour confirmation de sa bonne santé. Comme Cossi avait succombé à une maladie, j’ai voulu avoir la certitude que Jules était en parfaite santé avant l’arrivée de Pitchoune . Il est évident aussi de préciser que Pitchoune a elle aussi passé une visite complète chez le vétérinaire avant d’arriver chez moi. Deux précautions valent mieux qu’une !

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3
avril 2007
Princesse et Chico, la suite du “Loft Story Cacatoès”…

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet & Etude du Comportement du Perroquet de Compagnie |

Madame Princesse a donc passé avec moi une bonne vingtaine de jours , à la campagne, sans voir son prétendant

Ce qui est surprenant, c’est que, régulièrement, c’est à dire plusieurs fois par semaine, quand Princesse et moi discutions comme deux bonnes copines bavardes, Princesse me parlait de Chico… en langage Cacatoès.

Cela donne phonétiquement à peu près cela :

- Gragne gnage groge crako ggrr Chico, gnagan Chico, grigrreggekro Chico

Ce à quoi je réponds

- Ah! bon ??,

Princesse :

- gegersd Chico, chico Chico dit la belle en tapant de la patte

Moi :
- Ah, oui, dis-je, où ai-je la tête ? Chico !!!

Princesse sur un ton plus calme !

- Gekrakof C4hico, grakrkra C’Chico, c’Chico

Moi, faisant celle qui a tout compris :

Oui, je comprends ; c’est Chico !

Soupir de soulagement de Princesse :

- C’est pas trop tôt ! Ils sont lents à comprendre ces humains, bien sur que je parle de Chico, de qui d’autre parlerais-je ?

Le plus surprenant, c’est que lorsque qu’un ami, Charles, un soir, est venu me voir, dès qu’il est entré dans la pièce, Princesse lui a fait de longues phrases, en Cacatoès, pour lui parler de … je vous le donne en mille :

Chico, évidemment !

Et comme mon ami Charles parle couramment le Perroquet, et peut-être même le dialecte Cacatoès, il a tout compris, et tous les deux ont eu une longue conversation en privé.

Donc après 20 jours loin de Chico, Princesse est revenue chez elle et a d’abord eu la surprise de voir que la pièce “perroquets” avait quasiment doublé de volume, et que sa cage, je parle celle de Princesse, était en vue directe sur la demeure de Monsieur Chico.

Pendant deux ou trois jours ils ont pu papoter tous les deux, et Princesse, qui ne vit dans sa cage que pour dormir, a pu aller faire la belle devant la cage de Chico en dansant sur la cage de BB Bali

Puis j’ai ouvert la cage de Chico ….

Princesse était sur le perchoir qui surplombe sa cage à elle….

En quelques dixièmes de secondes, Chico, aidé par ses deux grandes ailes, est allé se percher sur la cage de Princesse, se posant à ses pieds… Pardon : à ses pattes.

La belle le regarde, jette un regard quasi dédaigneux sur le beau prétendant, et s’envole à l’autre bout de la pièce pour se poser sur la cage des cacatoès de Ducorps !

Chico s’est retrouvé.. le bec dans l’eau
Il n’a pas insisté, et a fini par retourner sur sa propre cage pour jouer les ténor et faire un peu le paon… avec sa superbe huppe rouge

Princesse, pas impressionnée par les manières bruyantes et peu discrètes de Chico, et pas très raffinées, s’est retournée pour admirer le printemps naissant dans le jardin.

Après une heure de ce manège, Chico, fatigué sans doute, et assoiffé surtout, est entré dans sa cage pour boire !

Princesse, enfin tranquille, est revenue sur son perchoir préféré sur sa cage !

Personnellement je trouve ces approches positives car aucune agressivité de part et d’autre, et surtout aucune indifférence non plus même si Princesse fait semblant de ne rien voir.

Pourquoi dis-je ” fait semblant” ?

Tout simplement parce que …..

Quand Chico est dans sa cage, que Princesse se croit non observée par un humain ( je me cache) elle vole sur la cage de BB Bali, et pendant des longs quarts d’heure, elle parade, danse, fait la belle devant la cage de Chico qui la regarde avec admiration.

A suivre….

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2
avril 2007
Princesse et Chico : Première rencontre

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet & Etude du Comportement du Perroquet de Compagnie |

Princesse, belle jeune fille Cacatoès des Moluques aurait commencé à se piquer ( arrachage des plumes) puis à se mutiler ( arrachage de la peau et des chairs) quand elle aurait été séparée de son mâle trop entreprenant.

Les années ont passé, et depuis quelques semaines, Princesse se trouve chez moi, et la grande bataille contre le picage a commencé entre nous deux !

Puisque Mademoiselle a commencé à se mutiler quand on lui a enlevé son mâle, je me suis mise à la rechercher d’un mâle, et j’ai craqué devant un magnifique Chico, de un an son cadet (15 ans), beau comme un dieu, à la voix puissante et forte comme 10 ténors réunis, mais un oiseau adorable.. du moins avec les femmes…

Bref, après la période de quarantaine, les présentations ont eu lieu il y a deux semaines : Chico a fait son Kakou, parade de plumes, de voix, de danse : toute la panoplie de séduction quand on est un beau cacatoès sans doute bien viril..

Pendant ce temps là, que faisait la belle, à mètre environ du bellâtre : elle se rongeait les griffes, l’une après l’autre, n’ayant pas même un regard pour ce beau mâle pas discret pour deux sous…

mais, si l’on observait bien la scène, sachez que sous ses airs indifférents, Mademoiselle, le bec sur les griffes, avait l’oeil sur Chico…

- Qui c’est celui-là ?

Las de crier et de parader, Chico, pas vraiment idiot est venu vers la belle qui a laissé son travail de manucure pour regarder venir le bel animal

Chico, qui est capable d’hurler, de dresser sa magnifique crète rouge pour avoir l’air plus, plus fort, plus beau… s’est avancé à pas de loup, sans bruit, presque la tête baissée vers la dame de ses intentions.

Princesse, digne comme une reine, a regardé avancer ce Chico, et je peux vous assurer qu’aucun mouvement de plumes, qu’aucun clignement de paupières, qu’aucun, même imperceptible, mouvement de Chico, n’échappait à l’attention tendue de Princesse.

Elle était immobile, il venait vers elle,… et moi j’étais prête à sauter sur Princesse pour l’enlever en cas d’ attaque !

Les mâles cacatoès des Moluques ont un bec si puissant qu’ils peuvent tuer un de leur congénères en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.

La situation était tendue, tant chez les perroquets que chez l’humain que je suis!

Chico est à quelques centimètres de la tête de Princesse, il semble presque petit lui qui est nettement plus grand et plus gros qu’elle…

Il a, je vous l’ai dit, la tête presque baissée : un agneau cet animal..

Un agneau ? certes pas : il faut voir la violence et la rapidité avec lesquelles il a mordu, au sang, le doigt de mon mari, quelques heures après cette présentation à la belle..

Mais revenons aux présentations …

Chico est maintenant à un centimètre ou moins de Princesse : il lève la tête, chacun s’observe, attend….

Puis Chico lève la tête, Princesse ne bouge pas et….. tout à coup, comme un film au ralenti, Princesse baisse imperceptiblement la tête, et Chico avance son bec contre celui de Princesse et frotte lentement son bec latéralement sur le côté du bec de Princesse.

Princesse ne bouge toujours pas, et c’est Chico qui fait de lents va et vient sur le côté du bec de Princesse.

Puis, Princesse commence à dresser lentement sa crête… Est-ce un signal, un signe ??

Sans doute… Chico, en prétendant galant cesse les caresses de becs, et recule doucement pour retourner sur sa cage…

Voilà pour la première rencontre….

Hier, la seconde rencontre a eu lieu…

Mais je raconterai cela une autre fois : pas tous les plaisirs à la fois !

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