15
octobre 2009
Achat d’un perroquet : soyez attentifs !

Paru dans Les inclassables |

Je reçois régulièrement des messages comme celui qui va suivre : lisez, et le, et soyez attentifs à la suite.

bonjour,
je vous envois ce courrier en espérant avoir un peu d’aide.

je vous explique,j’ai fait l’acquisition d’un gris du Gabon il y a 15 jours,il et très beau très gentil et en bonne santé du moins c’est ce que je croyais.
je lui ai acheté une belle cage,des jouets,de la nourriture et tous ce qui va avec.

aujourd’hui je ressors du vétérinaire croyant le récupérer et non hélas il m’a dit qu’il été au plus mal.

c’est une maladie que redoute les perroquet et qui ne ce soigne pas.
le propriétaire me la vendu a 14 semaines me disant qu’ils ete en pleine forme hélas non.

puis-je me retourné contre lui?

merci de me répondre

cordialement

Je râle, je peste, je suis triste pour l’oiseau et pour son propriétaire!

Que répondre ?

1. : on ne doit jamais acheter un oiseau non sevré lorsque l’on n’est pas éleveur ! Ou formé au nourrissage à la main.
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Il est évident que le vendeur va vous fournir des arguments de vente pour se débarrasser au plus vite de l’oiseau : Vendu, c’est vendu, et au moment même où vous sortez de chez le vendeur, toute responsabilité vous incombe face à l’oiseau.

Le vendeur a tous les avantages à vous vendre un perroquet non sevré

- Il rentre son argent plus vite,
- Il n’a plus le travail d’un oiseau à nourrir
- Il vous vend de la pâtée, une seringue de nourrissage,
et vous le déchargez des accidents possibles au cours du sevrage.

- Si vous faites une erreur de nourrissage, par exemple que l’oiseau ne grossit pas assez… le vendeur vous dira : ah, mais il était gros et gras en partant de chez nous
- Si l’oiseau s’étrangle en avalant la pâtée, et que vous devez le conduire chez le vétérinaire, cela arrive : Ah! mais vous vous y êtes mal pris! Là encore tout sera de votre faute.
- Si, plus grave, la nourriture de l’oiseau est mal acheminée ( une fausse route- cela arrive aussi) l’oiseau peut s’étouffer, mourir, et là encore ce sera évidemment de votre faute !
- Si, et cela arrive souvent, l’oiseau est brûlé par de la pâtée trop chaude, sortie de micro-onde (cela arrive aussi hélas souvent), ce sera aussi de votre faute.
Et je dis : votre faute, c’est d’avoir accepté d’acheter un perroquet non sevré, mais dans tous les cas, c’est le perroquet la victime, c’est lui qui souffre et/ou qui meurt, et cela aussi, c’est de votre faute car vous vous êtes engagé dans une aventure dont vous ne maitrisiez pas toutes les difficultés.

De plus, sevrer un perroquet ne veut pas dire la nourrir de pâtée!!!

2. Si l’oiseau est porteur d’une maladie grave… ce ne sera évidemment pas chez le vendeur qu’il l’aura attrapée !!!

Combien de fois ai-je entendu l’argument : cet oiseau était en bonne santé quand nous l’avons vendu !
- Je ne connais aucun vendeur qui reconnaisse : Oui, cet oiseau était malade !!!

Donc, quand vous achetez un perroquet, dans les 8 jours, 10 jours maximum, emmenez le chez un vétérinaire qui connait bien les perroquets, et faites lui passer une vraie visite médicale avec recherche de PBFD et de tout ce que votre vétérinaire, et seulement votre vétérinaire peut examiner.

Il n’y a qu’un vétérinaire pour faire un bon examen médical.

De plus, si l’oiseau est malade, soit c’est une maladie soignable et l’oiseau sera soigné immédiatement, soit c’est une maladie, qui hélas n’a pas encore de traitement, et là, avec un certificat médical circonstancié, vous pourrez vous rapprocher de votre vendeur, et tenter un arrangement à l’amiable

Lisez le Petit Guide du savoir bien vivre avec un perroquet heureux :

Vous pouvez télécharger gratuitement ce document sur le site de l’ Association Européenne du Perroquet : cliquez ici

Surtout, ne vous laissez pas convaincre par l’argument de vente, qui touche à votre sensibilité : il sera plus gentil avec vous si vous le nourrissez vous-même : C’est faux !!!!

C’est à l’éleveur de faire la sociabilisation : un perroquet prêt à l’adoption doit être sevré et sociable ! C’est pour vous la garantie d’avoir un perroquet équilibré.. Oui, mais c’est du travail pour l’éleveur, du temps à passer : les bons éleveurs le font, les marchands n’ont sans doute ni le temps, ni la formation pour faire cela.

Une chose encore : si vous acceptez d’acheter un perroquet non sevré, n’oubliez pas que vous en prenez la responsabilité pleine et entière!

- Savez vous combien pèse votre perroquet quand vous l’achetez ?
- Combien il devra peser dans une semaine, dans quinze jours ? Dans un mois ?
- Savez-vous à quel âge vous allez pouvoir introduire les premiers fruits, les premières croquettes, les premières graines ?
- Savez-vous comment introduire cette nouvelle nourriture tout en diminuant la purée d’élevage ?
- Savez vous exactement quelle dose de purée d’élevage ( je parle du poids de la purée, de la consistance du mélange) vous allez devoir donner aujourd’hui, demain, dans une semaine, dans un mois ???

Demandez-vous pourquoi les BONS éleveurs sont si attentifs au poids de l’oiseau ( l’oiseau est pesé chaque jour, une courbe de poids est notée, et est comparée à la norme, selon l’espèce du perroquet).
Demandez-vous pourquoi l’éleveur est attentif à l’aspect des fientes,
Demandez-vous pourquoi l’éleveur vérifie l’état du jabot de l’oiseau, juste avant le nourrissage, et juste après.

Non, nourrir un bébé perroquet n’est pas un acte anondin, sans danger et banal !

Non, sevrer un oiseau n’est pas à la portée de toutes les bonnes volontés du monde

Oui, élever un perroquet à la main, c’est une grosse responsabilité face à l’oiseau, pour aujourd’hui, pour demain et pour le reste de sa vie !

Je ne vais pas ici développer l’aspect important de la construction du psychisme de l’oiseau pendant le sevrage… C’est un autre châpitre, tout aussi important.

Alors, unissons-nous, et prenons l’engagement de ne plus jamais acheter de perroquets non sevrés, et de faire passer une première visite médicale à l’oiseau chez un vétérinaire qui connaît bien les perroquets.

Il y a des lois pour les chiots, les chatons.. Un jour viendra j’espère, où il y aura les mêmes lois pour les perroquets.

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« Nous sommes responsables de ce que nous apprivoisons » Antoine de Saint Exupéry

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