Charlotte, un jeune perroquet Gris du Gabon, s’est envolée… Dehors…Il faut que je vous raconte…
Il faut que je vous raconte… Oui, Charlotte, ma petite Charlotte, 10 mois, s’est envolée hier soir, dehors, à 22 h, en pleine campagne par zéro degré !
Mais commençons par le début.
Je réside en Belgique, mais je dois venir travailler en France pour les fêtes de fin d’années, et j’ai décidé d’emmener Charlotte qui commence à devenir insupportable.. Comprenez : la personne qui garde mes perroquets en mon absence ne peut plus supporter l’énergie, l’ingéniosité, et l’activité constante et bien réelle de la belle Charlotte !
Donc, hier vers midi, je charge ma voiture, installe Charlotte dans sa cage de transport avec quelques graines, de l’eau et un morceau de pomme, et je fixe la cage de Charlotte avec la ceinture de sécurité pour un voyage de 600 km .
Nous voilà parties, tout va bien !
Après 200 km d’enfermement, Mademoiselle Charlotte en a assez, et manifeste son mécontement en s’agrippant à la paroie de la cage qui fait office de porte.
Comme la demoiselle s’énerve un peu – elle n’a jamais été patiente, ma Charlotte – je décide d’ouvrir la porte de la cage et de libérer ma Charlotte !
Oui, je sais : ce n’est pas prudent, c’est sans doute interdit par le Code de la route, c’est… tout ce que vous voulez, mais bon, j’ai sans doute tort, et je n’invite personne à faire comme moi !
Comme je vous l’ai dit, je connais Charlotte, et son perchoir préféré, c’est mon épaule, et aussitôt elle arrive sur mon épaule droite.
La Miss s’intalle confortablement, c’est-à-dire qu’au lieu de se tenir debout sur ses deux pattes, elle se cale contre mon cou, et se pose comme un oiseau qui couve.
Elle cherche sa place, se secoue un peu, se rapproche de mon cou… Bon, tout va bien.. Alors elle regarde la route….
Nous voici parties pour les 400 km restants… Mais nous n’avions pas prévu, ou refusé de prévoir les embouteillages au moment du contournement de Paris : 2h 50 de ralentissements, d’arrêts plus ou moins longs..
Comme il faut savoir profiter des aléas de la vie quotidienne, je décide que Charlotte doit manger et boire.
J’allume donc le plafonnier côté passager, pose la mangeoire de graines sur la cage, et Miss Charlotte décide de se poser sur la cage pour manger à l’aise : pas grave, la voiture fait quasiment du surplace, et je dois dire que la file de voiture à ma droite participe au ralentissement de la circulation, car la loupiotte de la voiture éclaire Charlotte comme des projecteurs sur la vedette au milieu de la scène !
Charlotte, insensible aux regards surpris et amusés de ses admirateurs, continue à manger tranquillement.
Puis, son repas terminé, elle essuie consciencieusement son bec sur le toit de la cage, se secoue les plumes, étire ses ailes en hauteur, puis à l’horizontale, et…. Revient tranquillement se poser sur mon épaule droite.
Elle regarde la route, grommèle de temps en temps, mais ne me dérange pas le moins du monde.
Nous continuons notre route..
Arrêt au péage… Charlotte est toujours sur mon épaule.. J’hésite… vais-je prendre le temps de la remettre dans sa cage de transport ? Non, elle est calme, tranquille, je descends la vitre, tends mon ticket et ma carte bancaire.. La main prête à saisir Charlotte à la moindre réaction de sa part : je ne sens pas ses pattes bouger, je ne la devine pas sur le point de s’envoler…
La jeune femme me rend ma carte bancaire et ajoute :
- C’est bien la première fois que je vois un perroquet sage et tranquille sur une épaule…
Je réponds hâtivement : Oui, mais elle est habituée, au revoir Madame et bonne soirée !
Je monte la vitre et nous repartons : encore presque 100 km… Charlotte reprend sa contemplation de la route !
Nous arrivons enfin à destination : je suis fatiguée, il fait nuit, il y a du brouillard, il fait zéro degrè…
Je prends le risque de sortir de la voiture avec Charlotte sur l’épaule, je pose ma main sur elle et je traverse le jardin pour entrer chez moi : tout se passe bien.
Charlotte retrouve sa cage, son perchoir et son environnement de ses deux premiers mois avec moi cet été, et tout va bien : Ouf ! Je décompresse !
Zut, j’ai oublié quelque chose dans ma voiture… J’ouver la porte, retraverse le jardin dans le noir, ouvre la porte de ma voiture, me baisse pour attraper mon sac à main et là…
Horreur : Charlotte était sur mon épaule, a pris peur quand je me suis baissée sans précaution en entrant la tête dans la voiture… J’entends un bruit d’ailes, je comprends tout ! Je lève la tête et aperçois Charlotte et son ventre gris clair s’envoler dans la nuit noire…. Vers les champs… Plus de Charlotte !
Que faire ? Faire vite, mais pas d’énervement… Il convient d’être efficace !
Permière chose : Appeler, garder un contact sonore à défaut d’un contact visuel !
J’appelle, avec ma voix la plus calme, la plus enjouée, la plus normale.. Charlotte, Charlooottte, ma puce, vient !
… Aucune réponse
Je réalise que toutes les fenêtres de la maison sont illumées… Je rentre dans la maison, éteints toutes les lumières, sauf cette de la pièce surlaquelle donne la porte fenêtre que j’ouvre en grand.
J’allume la lumière extérieure de cette porte fenêtre : le but, n’avoir qu’un point de contact éclairé : Charlotte, si elle me voit, ira forcément vers la lumière.
Charlotte, Chacha, Ma Belle, Chaarloootte…
Je continue mes cris de contact, et je prends bien le temps de lui laisser le temps de me répondre entre chaque appel.
J’écoute : rien !
Je sais qu’une chouette effraie habite dans la grange ; je sais que de nombreux rapaces vivent dans le bois à quelques centaines de mètres du jardin !
Un idée me vient… Je n’ose pas écrire “une lumière vient éclairer mon esprit ” : Charlotte ne peut pas me voir dans le noir !
J’entre donc dans la maison, prends en main une lampe torche qui éclaire loin, et je ressors en éclairant mon visage et mon bras, la main tendue devant moi.
- Chaarlooottte… Viens ma belle, Vient !
J’écoute… Un bruit.. un cri, c’est Charlotte.. Je devine son angoisse dans ce cri inconnu : c’est bien elle !
Je continue de m’éclairer avec mon bras tendu, et je me positionne dans la lumière, sur le pas de la porte…
J’entends un bruit d’ailes, je lève la tête et je vois ma Charlotte qui fait des cercles au dessus de moi !!
Je tends mon bras, comme à mon habitude.. Charlotte, viens !
Après deux ou trois cercles de plus en plus petits, Charlotte se pose sur mon bras !
- Bravo Charlotte, Bravo ! C’est bien !!!!!
Gratouilles, bisous, tendresses… et nous rentrons toutes les deux, aussi heureuses et rassurées l’une que l’autre.
Encore plein de gratouilles, de câlins, de tendresses et de félicitations !
Charlotte ronronne de plaisir comme elle sait si bien le faire, et moi, moi, je respire !
Ce matin j’ai dit à Charlotte :
- Ma belle, puisque tu sais revenir de nuit d’une ballade dans le jardin, nous allons continuer, de jour, notre entraînement pour le vol libre !!