Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |
Bonjour,
Depuis bien longtemps, je voulais partager avec vous cette belle histoire d’amour, entre un import aux grands yeux attendrissants et une passionnée. A l’époque, il m’était impossible d’accéder au site pour faute de ne pas posséder un ordinateur pouvant accueillir Internet. Maintenant, je suis ravie de pouvoir le faire et de partager ma passion.
Cette semaine, mes pensées seront plus fortes pour Pilgrim-Indi ; cela fera deux ans qu’il m’a quitté et je pense encore et toujours beaucoup à lui. Il me manque mon petit plumeau. Donc, pour marquer sa présence, c’est avec joie et avec beaucoup d’amour pour lui que je vous invite à lire son histoire.
Bien à vous. Amitiés.
Nathalie
PILGRIM-INDI
“Un import aux grands yeux attendrissants”
Le pèlerinage de Pilgrim est enfin terminé. Il a pris fin le dimanche 15 mai 2005, dans une petite fermette, en bordure de mer, où le calme, le bonheur et l’amour règnent.
Je me présente
Je m’appelle Nathalie et je travaille dans un Parc Zoologique. Christelle est une collègue de travail et surtout, une amie. C’est au travail que j’ai appris à connaître Pilgrim. Christelle me racontait ses joies, ses préoccupations, ses attentes et surtout l’avenir de Pilgrim. J’avais l’impression de faire partie de cette aventure. Hé bien, pour vous dire, cette aventure, j’ai eu l’envie de la continuer lorsque j’ai appris par Christelle, que l’Association allait rechercher une personne pour accueillir Pilgrim. Mon seul désir et mon véritable souhait furent, à ce moment là, le bien être de Pilgrim, une merveilleuse famille et une nouvelle maison pour Pilgrim. Je l’ai adopté pour lui donner de l’amour et lui offrir cette nouvelle vie.
Son arrivée
Le téléphone sonne ; il est dix heures du matin. C’est Christelle. Elle m’annonce la venue de Pilgrim pour aujourd’hui. Elle peut l’apporter vers onze heures. J’ai dit « oui » tout de suite et j’ai immédiatement renoncé à mes projets de sortie ce dimanche matin. Tellement désiré et attendu, j’ai crié de joie quand j’ai raccroché le téléphone. Ensuite, j’ai contrôlé la cage et j’ai rempli les mangeoires. Puis, j’ai préparé les jouets pour les placer avec Christelle à son arrivée dans la cage. Impatiente, énervée, je ne tenais plus en place. Pour occuper mes pensées, j’ai entrepris la tonte de la pelouse de mon jardin. Je n’arrête pas de regarder la pendule du clocher de mon village. Le temps passe et toujours pas de Christelle à l’horizon. J’entends la voix de mon fils François, âgé de cinq ans et demi. Il me dit : « Maman, Maman, Christelle est là ». Je me retourne, et là, je la vois, tenant dans ses bras un carton. Ca y est, il est enfin arrivé. Heureuse, je me dirige vers eux et je les accompagne à la maison, dans le salon séjour. C’est l’endroit où j’ai mis la cage de Pilgrim. C’est le lieu où la famille reçoit et passe le plus de temps. Christelle se dirige vers la cage, elle l’ouvre et elle y met le carton ouvert. Pilgrim sort du carton et il entre dans la cage sans aucun problème. Il nous regarde et il prend connaissance de ce qui l’entoure. Intrigué, il tremble un peu. Je le comprends. C’est nouveau pour lui et il lui faudra du temps pour s’adapter à son nouvel environnement. Cette après-midi là, j’ai travaillé dans le jardin. Je ne m’attendais pas, mais pas du tout, à ce qu’il siffle. Pilgrim a sifflé pendant une bonne vingtaine de minutes. J’étais stupéfiée. Je n’en croyais pas mes oreilles. Il sifflait des sons de l’endroit d’où il venait : « la jungle ». C’était merveilleux à entendre. J’ai sifflé à mon tour et Pilgrim a répondu. J’ai recommencé et il a à nouveau répondu. Ce petit jeux a duré quelques minutes, c’était génial.
Le baptême
Mon époux et moi avons décidé de rebaptiser Pilgrim, de lui donner un nouveau prénom. Nous voulions un prénom plus gai à son image actuelle et surtout moi, je voulais remercier Christelle de m’avoir confié Pilgrim. Nous avons choisi «Indi» pour les quelques mois passés chez Christelle où Pilgrim avait eu l’occasion d’échanger son répertoire avec la boite à musique de Christelle, la jolie « Pearl Grey » ; quant à Pearl Grey, elle avait essayé de lui apprendre le générique d’Indiana Jones mais sans succès, et pour les années qu’il a vécues dans son milieu naturel « La Jungle » ; d’où le prénom « Indi », diminutif d’ « Indiana Jones ».
L’approche
Indi tremble encore un peu. Il se méfie toujours de l’homme. Il hésite et en même temps, il essaie d’approcher et de dialoguer un peu plus tous les jours. Chaque matin, je prends mon petit déjeuner auprès de lui accompagnée de Memphis mon chien car celui-ci est un peu jaloux étant donné que je partage mon temps entre lui et Indi maintenant. Indi apprécie et communique à ce moment là. Il me regarde, siffle et parfois il danse. Même Memphis participe. C’est hilarant et féerique en même temps. Je suis comblée. Tous les soirs, à mon retour de travail, je lui propose une cacahuète. Pour rapprocher Indi et l’inviter à prendre cette cacahuète à ma main, je la perce à l’aide d’un grand pique à brochette en bois. Toutes les semaines, je diminue le pique à brochette de façon à amener Indi peu à peu à ma main. Cet apprentissage m’a permis par la même occasion de le caresser et de jouer avec lui à l’aide de cette cacahuète en brochet. C’est astucieux et satisfaisant. Indi a pris sa première cacahuète à la main le 1er juin 2005. Je peux vous dire que j’étais heureuse et fière de mon petit Indi. Je lui ai proposé la cacahuète à la main plusieurs jours. Ensuite j’ai décortiqué la cacahuète et je le lui ai proposé. Indi ne l’a pas prise tout de suite, mais il venait. Quelques jours ont passé avant que Indi la prenne. La première fois, il a touché mon doigt en la prenant ; il a saisi et il l’a fait tomber. Je lui ai proposé une autre cacahuète mais il l’a refusée. C’est seulement le lendemain qu’il a accepté de la reprendre. Cette fois, il a fait en sorte de ne pas toucher mes doigts. Pour vous dire qu’il savait ce qu’il faisait. Je l’ai félicité. Ces félicitations lui ont tellement fait plaisir qu’il s’est mis à siffler. J’étais comblée. En lui offrant la cacahuète décortiquée chaque jour, j’ai pu toucher son bec. Indi se laissait enfin caresser. Quel bonheur !
Le grand air
C’est au mois de juin, par une très belle journée chaude et ensoleillée que j’ai sorti pour la première fois Indi dans le jardin. J’ai glissé tout doucement la cage jusque l’extérieur. Je le rassurais en lui expliquant les découvertes et les joies qu’il allait connaître une fois dehors. Arrivé à l’extérieur, Indi a regardé partout, ensuite il a fait plusieurs fois le va et vient sur son perchoir et à plusieurs reprises, il est monté jusqu’en haut de la cage. Je vous avouerais qu’il était super content et excité en même temps. J’ai recouvert une partie de la cage avec une serviette pour lui proposer un petit coin d’ombre. Un peu plus tard dans la journée, j’ai mis au fond de la cage un grand récipient d’eau pour qu’il puisse s’y baigner. Indi ne s’est pas baigné. Alors, j’ai eu une autre idée de baignade ; j’ai pris le tuyau d’arrosage que j’ai branché sur l’eau douce et je l’ai douché au jet de pluie (petit jet). Il a adoré. Il ouvrait ses ailes une à une et je peux vous assurer qu’il a vraiment apprécié. Les larmes ont coulé de joie.
La liberté
En congés au mois de juillet, je pouvais accorder beaucoup plus de temps à Indi ; alors un matin, après le petit déjeuner toujours super animé par mes deux compagnons, j’ai décidé d’ouvrir le balcon de la cage. J’ai mis Memphis dans l’autre pièce et j’ai refermé la porte pour éviter tous problèmes. Je me suis dirigée vers Indi et je lui ai fait un exposé de mes intentions. Je l’informe toujours avant d’entreprendre quoi que ce soit, ça le rassure et une confiance s’installe entre nous. J’ai ouvert le balcon. Il a regardé en haut mais il n’est pas sorti. Sa sortie a eu lieu le surlendemain. Il est monté sur le perchoir et il s’est mis à battre des ailes. La vitesse de ses battements d’ailes et la sensation de son décollement du perchoir m’ont donné l’impression qu’il allait réellement s’envoler. C’était fantastique. Indi avait pris goût à la liberté et il se faisait comprendre chaque jour. Il regardait le haut de sa cage, grimpait jusque là et secouait le balcon pour que je lui ouvre. Il adorait être sur son balcon. Il était libre, libre comme l’air. Le soir venu, il savait qu’une fois à l’intérieur de sa cage, je refermais le balcon. Un soir, il n’a pas voulu entrer. Je me suis nichée dans mon canapé dans l’espoir qu’il allait descendre. Indi est descendu et vite remonté dès que j’ai posé le pied à terre. Je n’ai même pas eu le temps de poser le deuxième pied au sol. Ce petit jeu a duré plus d’une heure. J’ai réussi à refermer le balcon, seulement au moment où Indi est descendu à son perchoir plus bas dans la cage où sont disposés les mangeoires à boisson et nourriture. Le lendemain soir, Indi n’est pas descendu de son balcon, sachant qu’hier, je l’avais rusé. Je me suis approchée de sa cage, je l’ai réconforté et j’ai parlé d’une nouvelle étape pour nous, de laisser son balcon ouvert. Je lui ai expliqué qu’une seule bêtise faite, je refermerais le balcon chaque fois que je m’absenterais. Indi n’a jamais commis de sottises.
La complicité
Indi aimait écouter la musique, surtout celle de mon fils François (Crazy Frog, O-Zone et Ilona). O-Zone était la chanson préférée de Indi. On dansait et on sifflait à tue tête. Je peux vous assurer qu’une super ambiance se répandait dans toute la maison. On entendait Indi jusqu’au bout du jardin, même mes voisins aimaient l’écouter et je peux vous dire que les « MA-I-A HI, MA-I-A HU, MA-I-A HO, MA-I-A HA HA… » faisaient partie de son répertoire. Il était génial. Son répertoire a évolué. Indi a prononcé son premier mot. Ce mot m’a vraiment touché et j’ai ressenti un pincement à mon cœur. Indi m’a appelée, il m’a appelée mais, pas comme d’habitude, il a dit d’un son très clair : « Maman, Maman… ». Je suis restée figer dans la salle de bains. Quelques secondes ont passé avant que je puisse bouger et me diriger vers lui. Ce mot « Maman », je l’emploie pour mon fils et mon fils m’appelle par ce mot, pour Memphis et pour Indi à chaque fait et à chaque geste. C’est ma façon de dire et de montrer que je les aime et que je m’occupe d’eux.
Sa maladie
Le 25 octobre 2005 vers 6h30, j’ai entendu Vincent, mon époux demandant à Indi de retourner dans sa cage. Indi ne voulait pas. Je suis descendue voir. Indi était sous sa cage. Je l’ai appelé une première fois, puis une deuxième fois mais il ne bougeait pas. Alors nous avons déplacé sa cage et Indi s’est réfugié près de la porte de la cuisine. Je me suis approché de lui et là, je lui ai demandé d’aller dans sa cage. Il n’a pas voulu. Je me suis approchée de lui un peu plus près, je l’ai caressé un long moment et je lui ai reformulé ma demande. Indi est parti dans le salon-séjour sous la table de la salle à manger cette fois. Je lui ai proposé une cacahuète, il l’a prise et il l’a aussitôt jetée à terre. C’est là que j’ai vu qu’Indi n’allait pas bien. Il était moins vif et il recherchait les caresses. Indi a régurgité une première fois, deux à trois graines, puis une seconde fois. Je me suis aperçue qu’Indi avait déjà régurgité cette nuit près du séchoir à linge. Il y avait des graines sur les vêtements. Indi avait passé une partie de la nuit sur celui-ci. J’ai vite pris conscience qu’Indi était malade. J’ai aussitôt téléphoné à Jean-Marc, le Directeur Vétérinaire du Parc Zoologique où je travaille. Je lui ai expliqué la situation et je lui ai demandé de me communiquer le nom d’un vétérinaire aviaire. Jean-Marc m’a conseillé de consulter au plus vite et d’appeler Christelle pour m’indiquer l’itinéraire. Après avoir raccroché le combiné, j’ai immédiatement téléphoné à Christelle, il était 7h30 à peu près du matin. J’étais en larmes. J’avais compris au son de la voix de Jean-Marc et à ses paroles que la situation était grave. Quinze minutes plus tard, Christelle était chez moi. Nous sommes arrivées chez le seul vétérinaire aviaire de notre région au environ de 9h15. Après l’examen médical d’Indi, le vétérinaire nous a annoncées la suspicion d’une aspergillose. J’ai eu beaucoup de mal à avaler ma salive et à retenir mes larmes. Indi a été hospitalisé. J’ai téléphoné plusieurs fois ce jour là à la clinique vétérinaire. J’avais besoin de savoir et d’être rassuré. Indi avait été gavé plusieurs fois dans la journée et il était préférable qu’Indi reste à l’hôpital. Le lendemain matin, j’ai téléphoné à la première heure. Indi allait un peu mieux. Il ne régurgitait plus. Les médicaments commençaient à faire effet. C’est en fin d’après-midi que je suis allée rechercher Indi.
Son envol
J’y ai cru jusqu’au soir où il était de retour, même après avoir pris ses médicaments. Je pense encore et toujours à son regard et à la joie manifestée quand je suis venue le rechercher. Il était 22h, j’étais allongé dans mon fauteuil lorsque j’ai entendu cogné dans la cage. Indi était tombé de son perchoir, il avait la tête en bas et il n’avait plus la force de se redresser. Je l’ai aidé mais il est retombé une seconde fois. Alors, je l’ai pris dans mes bras, il avait froid. Emmitouflés dans une couverture, je l’ai calé contre moi dans le fauteuil. Indi me regardait avec ses grands yeux attendrissants. Dans ses grands yeux, je pouvais lire : Amour, Remerciements… et comprendre ce qu’il allait se passer. Il était à peu près 22h10 quand Indi s’en est allé. Je l’ai bercé comme une maman berce son enfant, je l’ai caressé en signe de témoignage d’affection et je l’ai embrassé une dernière fois pour lui dire au revoir et là, je l’ai laissé s’envoler. Cet envol où tous les perroquets se réunissent pour savourer cette nouvelle liberté et apprécier cette vie sereine qui les attend. Chaque jour, le vent souffle et emporte la pensée de leurs humains qui leur parvient comme un battement d’ailes et les caresse tendrement, les enveloppe d’un souffle d’air d’amour et de sincères remerciements.
La continuité
Indi m’a ouvert ses ailes ; moi, c’est mon cœur qui a parlé. Indi a bien voulu partager sa vie animale avec celle d’un être humain. Cette vie partagée fut pleine d’émotions et d’amour qui malheureusement n’a duré qu’un court moment. Ce court moment a apporté le bonheur et la joie de vivre en harmonie. Cette vie harmonieuse fut très instructive et fructueuse. Cette leçon a révélé que l’inconnu et la passion peuvent s’unir et réveiller la braise endormie. Une fois réveillée, cette braise jaillie en une immense flamme qui éclaire cette source obscure. L’obscurité existe mais nous pouvons la changer, la rendre merveilleuse : aider nos amis les Perroquets, les aimer et surtout sauvegarder leur vie. Cette rencontre émotive et affective a renforcé cette passion. J’ai adopté Jade, une Amazone qui recherchait une famille adoptive. La continuité perdure et cela grâce à mon petit Indi.
Mes remerciements
Tout d’abord, je souhaite remercier Suzy, notre Présidente, de m’avoir confié Indi, ce fut un immense honneur. Je tiens à remercier Christelle de m’avoir permise de vivre une belle histoire d’amour avec un gris aux grands yeux attendrissants. Je remercie tous les membres de l’Association pour leurs témoignages d’affection et leur soutien sur le forum du Club du Gris du Gabon. Je remercie Anthony, compositeur, musicien et collègue de travail, pour son soutien et cette magnifique chanson rendant hommage à Indi. Merci à vous tous et merci à Indi pour ces échanges fructueux entre un import et une passionnée. Cette aventure fut courte mais enrichissante et surtout inoubliable. Un dernier mot pour Indi : « Je t’aime très fort ».
Nathalie
