Archive pour juillet, 2007

21
juillet 2007
L’arrivée de Charlotte

Paru dans Histoire de vie d'un perroquet |

Charlotte aime les fleursCharlotte aime les fleursL’arrivée de Charlotte…

- C’est decide, c’est promis… Plus jamais je n’adopterai un nouveau perroquet : j’ai bien assez de Craquotte, Beau-Titi, Jules, Pitchoune, Princesse, Chico, Yaho, Ti-Coco, les Ducorps, le couple de Gris, les Youyous… ça suffit : plus jamais…
Et pour parfaire ce vœu pieux, je prends enfin la décision de me séparer d’une bonne soixantaine d’oiseaux nés dans mes volières… Voilà trois ans que je le dis, et aujourd’hui, je le fais.

La mort dans l’âme je prépare les oiseaux que je dois confier à Philip . patron d’une oisellerie, que je connais bien : ses clients sont pratiquement tous des éleveurs et je sais que mes oiseaux seront bien traités.
Céder des oiseaux est pour moi un déchirement, et l’attente près du comptoir, pendant que le Philip inspecte chaque oiseau un par un, le temps me semble long.
Heureusement, un éleveur vient d’apporter deux jeunes Gris du Gabon de 100 jours, et un jeune ara, sevré, mais encore très jeune.

Ces trois perroquets sont superbes, ne sont pas en cage, mais sur les cages, et ils ne sont pas effrayés pour deux sous : le ara ararauna vient sur mon bras, se laisse gratouiller avec un bonheur non dissimulé… Je me fais violence moi qui vient de construire une grande volière extérieur, l’endroit idéal pour un ara ararauna : plus de perroquet me dit la petite voix de la sagesse qui a bien du mal à se faire entendre.

Je repose l’ara sur son perchoir, et il m’oublie aussitôt pour aller se faire gratouiller par d’autres mains : Ouf …
Un des deux jeunes Gris, un mâle me dit Philip, accepter aussi quelques gratouilles de ma part, mais sans conviction : je ne suis pas son genre : Ouf

Reste l’autre Gris, une femelle précise Philip. Elle passe de mains en mains, mais son regard ne me quitte pas, et quand je m’approche pour la gratouiller sur le dessus de la tête, elle monte sur ma main, escalade mon bras et se blotti dans mon cou, confortablement installée sur mon épaule… Danger….
Je continue de gratouiller la nuque de la Grisounette qui penche sa tête pour être certaine de bien profiter de ces caresses.
Le temps passe, et vient le moment où je dois repartir, avec mes cages vides… Dur, dur…

Philip me dit : « prenez là, regardez elle veut rester sur vous » !

Pas question ! Pus de perroquet…

Je demande à Philip de prendre la Grisounette qui s’accroche dans le tissu de mon chemiser : elle ne veut pas partir…
Prenez-là dit Philip ! Non, plus de nouveau perroquet…

Philip arrive à décrocher le petit perroquet qui pousse un cri, qui bien sur m’arrache le cœur.
Plus de nouveau perroquet : je tiens bon, et c’est la mort dans l’âme que je me sauve de ce magasin, sans même un regard vers ces trois perroquets. Je rentre chez moi, le cœur en bandoulière.

A partir de ce moment là, mon esprit ( et mon cœur aussi ) est habité par cette petite Grisounette, et je l’imagine pauvre, isolée, sans personne, toute la nuit dans cette boutique : je me réveille plusieurs fois dans la nuit.

Le matin, je raconte tout cela à l’homme de ma vie, qui me dit : « Tu aurais du la prendre » !
Non, Homme de ma vie, j’ai dit : Plus de nouveau perroquet, de plus, dans deux heures, je prends la route pour un long voyage avec mes petits enfants dans la voiture : pas question que j’adopte un nouveau perroquet maintenant !

Je me remets à la préparation des valises… Quand l’Homme de ma vie, arrive pour me dire :

- A quelle heure comptes-tu partir ?
- Dans deux heures environ, pourquoi ?
- Parce que Philip sera là dans une heure avec ton perroquet chéri

Je dois reconnaître que je proteste pour la forme… Mais mon cœur s’emballe…

Et hop, je prépare la cage de transport, des graines, de la pâtée.. au cas où, des croquettes, un ou de jouets… je suis dingue !!!
Et voilà que le perroquet arrive dans une boîte en carton que j’ouvre immédiatement : La petite, pas effrayée du tout se dresse sur ses deux pattes, tend le cou pour mieux voir où elle arrive, et se pose sur la main que je lui tends.
Immédiatement, des cris résonnent dans la cuisine : je me retourne.

C’est Craquotte qui manifeste son mécontentement ! Elle gonfle ses plumes, fait mine d’attaquer et grogne comme un chien enragé : plus de nouveau perroquet à la maison !! Tu avais promis !!

Pauvre Craquotte, elle est arrivée la première dans cette maison, elle était le seul perroquet, et heureuse de l’être. Elle a accepté Beau-Titi, puis Jules, puis Cossi, puis, puis, puis…

Craquotte est furieuse, vraiment furieuse !

Comme la petite nouvelle doit entrer en quarantaine et assumer sa première visite chez le vétérinaire, Craquotte reste seule dans la cuisine, pendant que je charge Grisounette dans la voiture.

Je reviens près de Craquotte pour lui dire combien je l’aime, mais je n’ai pas vraiment l’impression qu’à ce moment là notre amour soit partagé : Craquotte boude.

Le premier voyage

Voilà notre petite Grisounette bien installée dans une cage de transport, elle ne panique pas du tout : curieuse, elle regarde autour d’elle. Philip m’avait livré, avec la « perroquette » de la bouillie d’élevage. Je suis surprise qu’à 3 mois ce perroquet ait encore besoin d’être nourri à la seringue, mais cela sera plus facile pour ce long voyage de près de 7 heures. Elle se nourrira tout en s’hydratant!

Munie de ma seringue, de la boîte de pâtée d’élevage en poudre, je fais des haltes au « Coin Bébé » des stations d’essence sur l’autoroute, je demande un chauffe biberon, et je fais manger « mon bébé »… souvent sous l’œil amusé ou inquiet des voyageurs.
La Grise ne se laisse pas mourir de faim et englouti le contenu des seringues à la vitesse du son !

Arrivés à destination, la Miss a droit à une grande cage ( il y a des cages à perroquets partout où je réside) et je dépose également une boîte à chaussures avec un linge propre au cas où la petite veuille dormir dans un semblant de nid.
La petite est fatiguée, et elle s’endort très vite sur son perchoir.

Le lendemain, après une longue nuit de repos, la Miss a encore droit à une seringue de bouillie, mais je laisse à sa disposition des croquettes imbibées de jus d’orange, un bon mélange de graines et de l’eau fraîche.

Le but est de savoir si elle mange seule… Oui, elle grignote ! Donc le sevrage est en cours.

Dès le troisième jour, la petite n’avait plus qu’une seringue le soir, et le quatrième plus du tout : elle mange seule, très bien et de tout… sauf peut-être des croquettes. Elle déguste les fruits, grignote une croûte de pain, mais ne se sert pas encore de ses pattes pour manger

Jour 5… la petiote mange seule, a compris que ses pattes et son bec pouvaient se coordonner pour mieux manger, et elle ne se prive pas de cette découverte.
Mais la petite n’a toujours pas de nom ! Elle est passée par « Cocotte », « Poulette », « Minette », « Pioupioutte »et… tout à coup : « Charlotte »…

Pourquoi « Charlotte » ? je ne le sais pas…

Voilà donc comment Charlotte est arrivée à la maison.

Elle est chez nous, chez elle depuis une semaine et c’est inouï ce qu’elle évolue vite.

- Elle ne savait pas voler : elle vole comme un avion, prend de beau virage, sait contourner les obstacles, et a bien compris que ses deux ailes lui donnaient une grande liberté
- Elle était silencieuse : elle commence à bavarder dans un langage qui évolue entre le langage perroquet et les sons du langage des humains.
- Elle mangeait de la bouillie, elle mange des graines, des croquettes, des fruits et adore les graines germées.

C’est mon premier Bébé Gris : tous mes autres Gris sont des handicapés de la vie, tous ont souffert dans leur vie avant d’arriver chez moi. Elle c’est différent, elle est bien dans ses plumes, bien dans sa tête je crois, et bien dans sa vie. Elle est confiante même si elle est indépendante ; elle est calme et sereine même si elle peut être active ; elle adore les gratouilles, mais sait faire comprendre quand elle veut être tranquille.

Elle a tout à apprendre de la vie, et elle a sans doute beaucoup à m’apprendre aussi.

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