Paru dans Etude du Comportement du Perroquet de Compagnie |
Jules est un jeune Ara ararauna de presque trois ans, et l’an dernier, il s’était échappé et avait passé près de 30 heures dans les bois environnants.
J’ai pu le rattraper suite à une course poursuite pas toujours confortable et souvent angoissante pour moi, et certainement pour lui.
Mais c’est une autre histoire que je vous raconterai plus tard, peut-être.
Suite à cette épopée sauvage, j’ai pensé qu’il serait bien que Jules apprenne à revenir sur le bras à ma demande !
Comment faire ?
Il faut savoir que les perroquets adorent apprendre, et tout peut devenir un jeu pour eux, mais il ne faut pas oublier qu’un perroquet apprend souvent… pour avoir une récompense !
Par chance, Jules est gourmand…
Aujourd’hui, Jules était sur le haut de sa volière, en liberté dans la véranda avec Cossi, sa copine, Ara ararauna elle aussi.
Dans cette véranda il y a des jeux et des cordes partout, des perchoirs et des balançoires, et chaque jour j’ouvre la cage de la volière pour que mes deux compères s’en donnent à cœur joie.
En jouant avec eux – je crois que je m’amuse autant qu’eux – j’ai eu envie de commencer à enseigner à Jules comment revenir sur simple appel de ma part.
Il y avait un restant de tarte sur la table, et l’idée m’est venue qu’un petit bout de croûte de pâte à tarte pourrait m’aider dans ma leçon du jour : le rappel.
Jules était sur le haut de sa volière, et moi, à moins d’un mètre de lui.
Je lui montre le morceau de tarte et fais mine de le manger :
- Hummm, c’est bon.. humm « Chocolat »… pour mes deux aras tout ce qui est délicieux et pas habituel, c’est « chocolat ».
La pupille de mon Jules se dilate et se rétracte, son cou s’avance vers moi – enfin vers ma main et le morceau « chocolat »..
Il a envie de venir, mais voilà, il préférerait que j’avance la main vers son bec, ce que je ne fais pas, vous vous en doutez.
Jules se dandine d’une patte sur l’autre, essaie de tendre son cou au maximum vers ma main chargée de .. Humm c’est bon !
La tentation est grande, mais ce coquin va tout essayer : me regarder d’un œil triste et implorant, s’étirer au maximum, monter et descendre sur la paroi verticale de la volière pour se rapprocher de moi : rien n’y fait, il n’arrive pas jusqu’à ma main.
Il suffirait pourtant qu’il se serve de ses deux grandes ailes : un Ara qui n’a pas les plumes de vol coupées, doit pouvoir voler !!!
Rien du tout : près de 20 minutes se passent, et Jules meurt d’envie de manger ce petit bout de gâteau, mon mari clame à qui veut l’entendre : tu n’y arriveras pas ( merci pour les encouragements), Cossi la copine Ara, elle aussi, juchée sur une corde assiste au spectacle, et je me demande bien ce qu’elle est en train de penser, et moi, je commence à fatiguer, le bras en l’air…
Je ne cèderai pas : ou il vient en vol se poser sur mon bras gauche , ou je mange le bout de gâteau que je tiens dans ma main droite.
Nos perroquets sont « jusqu’auboutistes » , mais moi aussi.
Le mari, fatigué d’attendre s’en va vaquer à ses occupations, Cossi regarde et écoute et moi je clame : Hummm c’est bon .. Chocolat…
Tout à coup, Cossi dit, d’une voix claire et puissante : Chocolat !
Je regarde Cossi, lâchant Jules du regard pendant une fraction de seconde :
C’est le moment que choisit Jules pour pousser son cri de guerre « ARRRRAAAAAA » et déploie ses ailes pour se poser sur mon bras toujours à sa disposition.
- Bravo Jules, c’est bien : et bien sur le bout de gâteau pour l’ami Jules qui le déguste en ronronnant car j’en profite pour le caresser, lui gratouiller la nuque et le féliciter
- Bravo Jules, c’est bien, bravo Jules !
Je le laisse manger, puis… et si on recommençait ?
Je pose Jules sur sa volière, je vais chercher un petit morceau de gâteau, et hop, je me mets en position
- Jules ! Hummm c’est bon…
Une ou deux secondes d’ hésitation, et hop, Jules est sur mon bras, reçoit gâteau et félications…
Nous avons recommencé cinq ou six fois, après le gâteau, un peu de noix, ou une grosse graine de tournesol…
Jules s’amusait comme un fou, et j’avais à peine le temps de poser Jules sur la cage, de me mettre en place qu’il était déjà sur mon bras.
J’ai même mis Jules dans sa volière, la porte ouverte, pour qu’il sorte de la cage, monte sur le toit et vienne chercher une petite gâterie.
Il très vite compris le système.. Super..
Nous allons recommencer demain, en mettant un peu plus de distance entre nous.
Le but de ce jeu ? Simplement faire naître un réflexe conditionné chez Jules, et espérer que si un jour il s’envole et que nous sommes en contact visuel ou sonore, il suffira que je dise, pour qu’il revienne sur mon bras : Hummmm, c’est bon … Chocolat….
Je rêve ? non, je ne crois pas….
A suivre donc, mais j’espère ne jamais avoir à tester ce jeu dans la nature suite à une fugue de mon Jules
4 commentaires pour “Jules, l’ara ararauna : Comment le faire venir sur mon bras, sur demande”
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Esmieu Shanti, le 6 mai 2007 à 0:03 |
Chère Suzy,
Je suis étudiante en 2ème année de vétérinaire à l’ULB à Bruxelles et je suis en train de rédiger un rapport sur l’ara ararauna dans le cadre d’un cours d’ethnologie. C’est avec un grand plaisir que je suis tombée sur la petite histoire de Jules et de la pâte à tarte. Je me permets donc de glisser un mot dessus dans mon rapport, pour montrer l’intelligence de ce perroquet! Bon courage pour la suite,
Cordialement,
Shanti Esmieu
mag, le 22 septembre 2007 à 19:59 |
alain, le 16 mai 2008 à 22:18 |
Willy mon perroquet
Je possède un amazone à front rouge que j’ai eu à l’age de 3 mois. Je voulais à l’époque un Ararauna, mais la législation était difficile même pour un perroquet né sur le territoire français. De toute façon je n’aurais jamais voulu d’un oiseau importé, encore moins illégalement. Dés que possible je l’ai incité à voler. Il a maintenant 5 ans et tous les jours il sort faire son petit vol. Il est sur le toit de la maison, sur celui du voisin, au maximum à 200 mètres de la maison toujours en hauteur et toujours en visuel. IL a toujours un œil sur nous, s’ils ne nous vit plus il appel, si je ne le vois plus, je siffle et il répond en criant Bien sûr il est sous surveillance à cause de chats. Je le laisse sortir une heure par jour (à sa demande). Quand je siffle il revient et se pose pratiquement toujours sur ma main. Lorsque nous partons en vacances, nous partons toujours avec notre perroquet d’ailleurs nous ne nous en séparons jamais. Nous partons en camping, en caravane. Pour l’instant il connaît bien la Corse et l’Espagne. Tous les matins (à sa demande) je le lâche et il s’envole dans les arbres (jamais à plus de 200 mètres avec toujours un œil sur la caravane . Toutes les 5 minutes je siffle et il répond, c’est une façon de le localiser car une fois dans les arbres en hauteur ce n’est pas toujours évident de l’apercevoir avec une feuillage dense.
Chez nous à la maison il est en vol libre. IL retourne de lui-même dans sa cage pour dormir. C’est un couche tard comme nous. IL adore voler vers l’étage supérieur pour nous rejoindre vers nos bureaux. Il se met sur nos épaules et mâche nos cheveux. Ça peut durer des heures, des fois même il s’endore. Il adore la musique et particulièrement Céline Dion (moi c’est sans plus mais bon…).Je précise qu’il ne fait que très très rarement ses besoins sur nous. Il se retient au maximum. De toute façon il nous prévient en tournant sur lui-même. A table il mange toujours avec nous (il adore ça). C’est un perroquet parfaitement équilibré au plumage magnifique. Mais pour arriver à ce résultat il faut beaucoup de patience et d’attention. Le perroquet est un animal particuliérement sensible, très intelligent qui passe son temps à …………….vous observer. C’est un animal qui a besoin de beaucoup de tendresse, de caresses (peut-être plus qu’un chien). Avoir un perroquet c’est avoir un deuxième enfant et je n’exagère pas. Et si vous arrivez à vous en occuper (tous les jours) il vous le rendra bien. Dans le cas contraire vous aurez un monstre à la maison et vous n’aurez qu’une idée en tête celle de vous en séparer (les abandons de perroquets ça existent). Acheter un perroquet sur un coup de tête est une bêtise Les perroquets sont très très attachés à leur compagnon humain, ils sont jaloux et possessifs Une séparation définitive est pratiquement toujours un traumatisme pour eux avec risque de piquage (ils s’arrachent les plumes).
Avoir un perroquet c’est accepter de s’en occuper, de lui apporter toute la tendresse possible. Si vous en n’êtes pas capable un conseil, continuez de les regarder à la télé, vous vous ferez plaisir et vous lui rendrez service.
Alain
Suzy, le 17 mai 2008 à 9:06 |
Bonjour Alain, et merci pour ce témoignage et pour ce récit qui prouve, une fois de plus, que faire voler son perroquet n’est pas une folie, ni un acte irresponsable, mais bien un plaisir partagé par le propriétaire et l’oiseau.
Je suis actuellement à Lisbonne pour assister à un séminaire à la Faculté Vétérinaire de Lisbonne, et l’on va beaucoup parler du Vol Libre.
J’étais la semaine dernière à Madrid, et là aussi j’ai assisté à un Congrés sur le comportement du Perroquet de Compagnie, et on a aussi parlé du Vol libre
J’ai assisté à de merveilleux vols d’Amazones, d’ ara et de youyou du Sénégal
Dès mon retour je vais trouver un moyen pour publier les photos et les vidéos
Il faut voir la tendresse, le respect et l’amour mutuels qui lient l’oiseau qui vole et l’humain qui entraîne l’oiseau.
Je fais également voler un de mes Gris du Gabon, Charlotte, et je peux vous assurer que si Charlotte revient, même si son plaisir de voler librement est immense, c’est tout simplement par choix : Elle est heureuse dans la vie que je lui offre, vol libre compris
Ne faisons pas n’importe quoi avec nos perroquets, mais prenons le temps de les aimer, de les respecter et de leur donner le plaisir de voler… même si ce n’est qu’à l’intérieur de nos maisons.
Merci encore Alain pour ce beau témoignage…. Si vous avez des photos, des vidéos…. n’hésitez pas à me les faire parvenir car je suis en train de monter un site sur … le vol libre
Bien cordialement