Paru dans Etude du Comportement du Perroquet de Compagnie |
La toilette du matin
Ce matin, j’ai envie de vous raconter la séance de toilettage des mes deux aras ararauna : Jules et Cossi.
Tout à commencé après le repas du matin : salade de fruits saupoudrée de Perform Poudre : Pommes, poires, oranges, bananes.
Une fois le ventre plein, les deux compères commencent à se lisser les plumes, se nettoyer les griffes des pattes et la toilette va bon train.
Je n’ai pas bien vu comment les deux perroquets se sont rapprochés l’un de l’autre, mais j’ai assisté à un spectacle qui m’a réjouit.
Cossi, la femelle s’est mise à faire la toilette de Jules, le mâle.
Il est de plus en plus fréquent que ce soit la femelle qui fasse les papouilles à Jules, et je dois dire qu’il semble y prendre un plaisir non dissimulé.
La séance a commencé par des gratouilles du bec de Cossi sur la nuque de Jules. Jules était accroché aux parois de la volière, Cossi sur le perchoir et pendant de longues minutes, Cossi a pris plume par plume pour les lisser, enlever les duvets inutiles, et parfois même grattait avec sa patte.
Jules ne bougeait pas, et parfois émettait de petits grognements de pure satisfaction.
Puis Jules présentait son dos, écartait ses ailes pour que le bec de sa belle puisse faire le ménage des vieilles plumes ou duvets sous les ailes, et la belle Cossi, pourtant généralement peu patiente, s’acquittait avec précision de la tâche qu’elle était en train d’accomplir.
Aucun endroit du corps de Jules n’a été épargné, ni oublié, et il était amusant de voir Jules se contorsionner pour faciliter l’accès du bec de Cossi partout sur son corps.
Parfois, Jules restait pendu par une patte sur la paroi de la volière, et se nettoyait les griffes de l’autre patte pendant que Cossi entretenait le plumage du ventre.
Si Cossi était trop brutale, ou trop rapide, Jules la rappelait à l’ordre et la belle se calmait !
La séance a duré au moins vingt minutes, et ce n’est que parce qu’il y a eu un bruit dans la pièce où je me cachais que Cossi, surprise et sans doute dérangée de se voir observée, a cessé la toilette de son compagnon.
Je n’ai pas pu prendre de photos car j’aurais risqué de mettre fin prématurément à cette séance de toilettage, mais j’espère qu’ avec ces quelques mots, vous aurez pu imaginer la scène.
J’avais beaucoup hésité à prendre un second ara car ce sont de gros oiseaux, parfois un peu bruyants, et c’est vrai qu’il leur faut de la place !
Mais depuis que Jules a une compagne, il est certes moins proche de moi, moins « gros bébé à sa maman », mais pour moi un perroquet a d’abord besoin d’être un perroquet et pas un « bébé ».
Un perroquet n’est pas, et ne sera jamais un humain, même s’il reste un compagnon privilégié pour l’humain.
Jules et Cossi ont une vie plus naturelle entre eux depuis qu’ils sont deux, et je suis ravie qu’ils retrouvent les comportements innés liés à leur espèce, eux qui n’ont, hélas jamais connu leur parents biologiques.
Jules est né d’un œuf placé en couveuse, mais il a vécu sa petite enfance avec son frère, donc il a vu ce qu’était un autre perroquet .Cossi est née en couveuse, puis s’est retrouvée dans une bonne famille humaine, mais à 3 ans, âge auquel je l’ai adoptée, elle n’avait jamais vu un seul oiseau, ni un seul perroquet.
Elle a passé trois ans, sage comme une image, perchée sur un perchoir indestructible, avec un anneau et une chaîne à la patte.
Quel changement quand elle est arrivée chez moi !!!!
Il ne lui a pas fallu très longtemps pour comprendre qu’on vivait mieux sans chaîne, que les « bêtises » n’étaient pour moi que le signe du bon fonctionnement de son intelligence, et que les jeux avec un autre perroquet étaient tout aussi amusant, sinon plus, que de lever la patte « pour dire bonjour à la dame ».
Attention Cossi n’était pas malheureuse dans sa famille, mais chez moi elle a appris que le bonheur avait mille et une facettes….
Nos perroquets savent s’adapter, mais ce qu’ils aiment avant tout : c’est être heureux, et ils font tout ce qu’il faut pour construire leur bonheur, avec les moyens du bord.
